Publisher’s opinion
Bien que la présente livraison de Mens soit un numéro libre, la convergence des thèmes des articles pourrait donner l’impression d’un numéro thématique sur les régionalismes au Québec et dans la francophonie canadienne. À notre plus grande surprise, une heureuse coïncidence s’est produite : il se trouve que notre comité éditorial a reçu, en un court laps de temps, plusieurs contributions portant sur cette question, sans concertation préalable des autrices et des auteurs. Une telle coïncidence invite à la réflexion : assisterions-nous à un regain d’intérêt pour l’étude des régions culturelles au Canada français et en Acadie? Si les études en développement régional et sur la ruralité n’ont cessé de foisonner depuis les années 1970, force est d’admettre que les travaux sur l’histoire des régionalismes et des cultures régionales se sont plutôt assoupis depuis l’engouement qu’avait suscité le vaste chantier sur les régions du Québec inauguré par l’Institut national de recherche sur la culture (1980-2013). La reprise d’un tel chantier – dont on pourrait espérer qu’il soit mis à jour, ou encore, restitué sous la forme d’une synthèse – n’est effectivement pas sans résonance avec notre époque. La multiplication des appels à la décroissance en contexte de crise écologique, le mouvement vers la décentralisation par le télétravail, les remises en cause de l’histoire nationale ou encore l’engouement actuel pour le néoruralisme nourriraient-ils, en même temps, un intérêt pour les cultures et les identités plus localisées? Ou encore, serait-ce plutôt la transformation, voire la disparition de référents ou d’institutions régionales qui seraient en cause dans cette apparente résurgence des études à caractère historique sur les régions culturelles?
Biography
Joseph Yvon Thériault étudie depuis plus de trente ans les enjeux de la mémoire et des identités collectives dans les sociétés traversées par l’individualisme démocratique, avec un intérêt particulier pour les francophonies d’Amérique. Il est l’auteur notamment de l’Identité à l’épreuve de la modernité (1995) et de Critique de l’américanité : mémoire et démocratie au Québec (2005). Il est actuellement professeur de sociologie à l’Université du Québec à Montréal. Son plus récent ouvrage, Évangéline : Contes d’Amérique, s’intéresse à l’héroïne du poème éponyme de Longfellow ainsi qu’à son rôle dans la définition des identités américaines, acadiennes et cadiennes.
Professeur d’histoire littéraire et intellectuelle du Québec à l’Université Laval, Jonathan Livernois est à né en 1982 à Saint-Constant, sur la Rive-Sud de Montréal. Essayiste, il a fait paraitre, en 2014, Remettre à demain: essai sur la permanence tranquille au Québec, aux Éditions du Boréal.
Gabriel Arsenault est né à Longueuil et vit à Moncton depuis 2016. Il est professeur de science politique à l'École des hautes études publiques de l'Université de Moncton.
Université de Montréal
francois-olivier.dorais@umontreal.ca
Philippe Volpé est doctorant en histoire à l’Université d’Ottawa. Ses travaux en histoire politique et intellectuelle de l’Acadie portent notamment sur l’histoire de la jeunesse, des mouvements sociaux et des transformations idéologiques.
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