Ce qu’en dit l’éditeur
La littérature contemporaine est hantée par la ruine : celle des hauts-fourneaux abandonnés à la rouille par leurs consortiums mondialisés ; celle des villes ravagées par la guerre et les catastrophes naturelles ; celle des mondes inhabitables d’un futur dystopique. Ces ruines ne sont plus héritières de la Rome mélancolique de Du Bellay ou de l’Arcadie pastorale de Poussin et du Lorrain ; elles ont oublié la nature, Dieu et le temps long. Si, donc, les ruines ne s’attachent plus à l’idéal, si elles ne sont plus le site d’une contemplation rêveuse, quel rôle jouent-elles dans les littératures française et québécoise du XXIe siècle ? Sont-elles les marques lisibles d’un mal historique, social, spirituel ? Comment et pourquoi ont-elles ainsi proliféré dans la géographie fictionnelle de notre ère ? Cette livraison propose une variété de réponses à ces questions : ses contributeurs s’interrogent notamment sur leur surgissement dans les textes de Jean Echenoz, Antoine Volodine, Sylvain Tesson, Jean-Paul Kauffmann et Stéphane Vanderhaeghe et dans ceux, en domaine québécois, de Nicolas Dickner. Elle explore également l’absorption, par de nombreux auteurs contemporains, des portraits photographiques de la ville de Détroit, aux États-Unis, dévastée par la désindustrialisation. Saisi dans son ensemble, ce numéro offre une perspective neuve et cohérente sur un motif essentiel de l’écriture au présent.
Biographie
Isabelle Daunais est professeure au Département de langue et littérature
françaises depuis 2004. Ses travaux et ses recherches portent
sur la littérature française du xix e siècle et sur le roman moderne,
abordé comme forme de pensée et d’exploration du monde.
Avec les textes de
Isabelle Arseneau, Mathieu Bélisle, Simona Carretta, Julia Chamard-Bergeron, Isabelle Daunais, Ugo Dionne, Katerine Gosselin, Aude Leblond, Olivier Maillart, Élisabeth Nardout-Lafarge, Thomas Pavel, Christophe Pradeau, Lakis Proguidis
Marie-Hélène Voyer est née au Bic en 1982. Ne sachant pas traire une vache, elle a très tôt délaissé la ferme familiale pour se consacrer à la littérature. Expo habitat est son premier recueil de poésie.
Raphaëlle Guidée est maîtresse de conférences en littérature comparée à l’Université de Poitiers. Ses recherches portent notamment sur la dimension politique de la littérature contemporaine et les croisements entre littérature et sciences sociales.
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