Ce qu’en dit l’éditeur
Ce dossier s'intéresse à la censure qui pèse sur les lesbiennes, leurs désirs, leurs oeuvres et leurs luttes. Écartées des mouvements politiques alliés comme de la grande histoire patriarcale de l'art, quand elles sont finalement montrées, c’est souvent nues, comme objets de fantasme. Alors que l’économie de la visibilité contemporaine nous incite à voir le fait d’être vu·e comme une chose fondamentalement bonne, ce dossier s'interroge sur la réapparition. Quel intérêt y a-t-il à exiger la visibilité comme une fin en soi ?
Certaines modalités d’apparition peuvent être aussi violentes que celles de l’effacement. Il y a des noms, des mots, des histoires qui sonnent comme des condamnations. Elles rendent possible une interpellation par le pouvoir. Dans le contexte réactionnaire actuel, l’appel à la représentation et à la reconnaissance peut devenir une injonction à se rendre lisible, repérable et identifiable par les autorités ayant la capacité de décider quelles existences sont légitimes. Les autrices de ce dossier font du bricolage avec la représentation lesbienne.
Biographie
Olivia Tapiero, née en 1990 à Montréal où elle étudie la littérature, a remporté le prix Robert-Cliche en 2009. Ce deuxième roman confirme la maîtrise et l’efficacité de la jeune auteure, la richesse de son écriture et sa puissance d’évocation.
Née en 1978, MARIE SAUR vit à Montréal. Elle a scénarisé
cinq tomes de la série de bandes dessinées Jérôme
d’Alphagraph en collaboration avec Nylso.
Alexandre Fontaine Rousseau ne dessine pas, mais il écrit quand même des scénarios de bande dessinée. On lui doit notamment Pinkerton et Poulet grain-grain avec François Samson-Dunlop, Les cousines vampires avec Cathon, Les premiers aviateurs avec Francis Desharnais ainsi que La pitoune et la poutine avec Xavier Cadieux. Il est aussi l’auteur de Musiques du diable et autres bruits bénéfiques et de Vieille école : Dans mon temps, les jeux vidéos étaient durs pour vrai, tous deux publiés chez Ta mère.
Valérie Lefebvre-Faucher est éditrice militante. Elle a beaucoup rêvé de ce livre quand elle se spécialisait dans les essais écolos. Elle a fait une maîtrise en création littéraire à l’UQAM, qui portait sur les liens entre le droit et la littérature. On peut la lire dans plusieurs revues en ligne, notamment Raisons-sociales.
David Bélanger est né en 1989 à Donnacona. Il a terminé une maîtrise en études littéraires à l’Université Laval, avant de migrer vers la métropole. Il poursuit actuellement un doctorat à l’Université du Québec à Montréal.
Gabrielle GIASSON-DULUDE est née à Montréal en 1984. Dès l’adolescence, elle s’initie au mime corporel; elle entreprend ensuite des études en théâtre et en littérature et poursuit aujourd’hui un doctorat en études littéraires à l’UQÀM. Elle a publié des poèmes dans les revues Brèves littéraires, EXIT, Estuaire et Main Blanche.
AU NOROÎT, elle a publié «Portrait d’homme» (collection «Initiale», 2015).
photo de l'auteure : Maxime Galand
Marie-Hélène Voyer est née au Bic en 1982. Ne sachant pas traire une vache, elle a très tôt délaissé la ferme familiale pour se consacrer à la littérature. Expo habitat est son premier recueil de poésie.
Zéa Beaulieu-April a prêté main-forte à Fermaille (2012), puis à la Tounure (2013-2017). Elle est l’autrice du recueil de poèmes Goulka (2015) et de plusieurs zines, dont Je suis Daniel Canty (2016) et Holliwoo Stars and Celebrities (2018). Son univers incorpore aussi la musique, principalement au sein du groupe La Fièvre.
Kev Lambert a grandi au Saguenay et vit à Montréal. Ses deux premiers romans, « Tu aimeras ce que tu as
tué » (finaliste du prix Médicis ; prix Découverte du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean) et « Querelle de Roberval » (prix Sade, sélection des
prix Wepler et Médicis), ont connu un succès éclatant qui a largement dépassé les frontières. Son plus récent roman, « Que notre joie demeure », a été lauréat du prix Médicis, en plus de recevoir les
prix Décembre et Ringuet.
Crédit photo : Julie Marois
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