Publisher’s opinion
Les auteurs·rices de ce numéro 155 de XYZ. La revue de la nouvelle écrivent sous le thème « Contre-attaque ».Il vient un jour où c’en est trop. Pour en finir avec la violence et les humiliations, la contre-attaque s’organise. La nouvelle qui ouvre ce numéro, « La chasse aux fourmis » d’Héloïse Bernier-Leduc, et « Manifestaires » de Maël Maréchal, qui le clôt, montrent la force de la communauté, mais aussi sa dangerosité, lorsque la riposte est lancée. La contre-attaque est parfois fantasmée, comme pour cette femme trahie qui s’imagine semer une plante irritante dans le texte de Laurence Hélie- Fontaine ; avérée, comme dans la nouvelle d’Olivier Gamelin, où une enfant se venge du chat de sa mère insensible ; ou le fruit d’un accident, lorsqu’un frère tortionnaire percute une vitre, chez Emmanuelle Parizeau. Mais il s’agit dans tous les cas d’une tentative de retrouver son pouvoir d’agir. La nouvelle de Cristina Vanciu imagine ainsi comment inverser les rôles entre un prédateur et sa victime. La narratrice de Nelly Desmarais se libère quant à elle de sa jalousie tandis qu’une enfant décide de mettre fin à la violence dans le texte de Cynthia Paris. Pour les corps meurtris décrits par Fanny Brossard-Charbonneau et M. H., le seul fait de se lever est un acte de bravoure. Dans le texte de cette der- nière, de même que dans celui de Lynda Dion, la subversion du langage est aussi une forme de révolte. Hors dossier, la nouvelle d’Ariane Duchesne nous fait entrer dans l’intimité d’une femme qui espère avoir un enfant. Jean-François Chassay éclaire l’œuvre de la nouvelliste américaine Katherine Anne Porter et nos collaborateurs et collaboratrices nous offrent des comptes rendus des recueils La sphinge de Guy Ménard, Il fera chaud cette nuit de Yannick Marcoux et Galumpf de Marie Hélène Poitras. Dans ce numéro est également publié le texte gagnant du 33e concours de nouvelles XYZ, « La dernière tarte » d’Annie-Claude Thériault. Ce récit poignant relatant la fermeture d’un village a su émou- voir le jury, formé cette année de Monique Proulx, Louis Carmain et David Bélanger.
Biography
Jean-François Chassay fait ses études à l’Université de Montréal où il obtient un baccalauréat
en études françaises, une maîtrise et un doctorat. De 1991 à 2023, il occupe un
poste de professeur au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à
Montréal (UQAM). Membre du comité de rédaction de Spirale en 1984, il en est le
codirecteur de 1986 à 1992, puis il assume la direction de Voix et Images, de 1998 à
2001. Romancier et essayiste, fondateur et animateur de groupes de recherche à l’UQAM,
il a publié une trentaine de livres. En 2002, il remporte le Grand Prix d’excellence en
recherche décerné par le réseau de l’Université du Québec.
Originaire de l’Outaouais, Annie-Claude Thériault habite Montréal et enseigne au Collège Montmorency. Tour à tour libraire, étudiante, voyageuse et sportive du dimanche, elle se passionne pour la littérature et la philosophie politique. Elle a déjà remporté plusieurs concours de nouvelles. Quelque chose comme une odeur de printemps est son premier roman.
David Bélanger est né en 1989 à Donnacona. Il a terminé une maîtrise en études littéraires à l’Université Laval, avant de migrer vers la métropole. Il poursuit actuellement un doctorat à l’Université du Québec à Montréal.
Nelly Desmarais termine une maitrise en création littéraire à l’uqam et travaille dans le milieu de l’édition. Ses poèmes ont été sélectionnés pour le Prix de poésie
Radio-Canada en 2017 et en 2018. Elle vit à Montréal.
Cristina Vanciu est née en Roumanie en 2000 et vit au
Québec depuis l’âge de trois ans. « Femmes silencieuses » est sa première fiction.
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