Ce qu’en dit l’éditeur
Catastrophe : Le journal de Spirou est menacé de faillite suite à un procès retentissant ! Le rédacteur en chef, Fantasio, ne veut pas laisser mourir son magazine. Mais il n'est pas le seul : Gil Coeur-Vaillant, le célèbre détective-explorateur et admirateur des exploits de Spirou, va venir à sa rescousse. Il va trouver un fonds d'investissement, la VIPER, qui va renflouer le journal. Ouf ! Le célèbre hebdomadaire est sauvé ! Pas tout à fait, car Spirou est en fait tombé dans les griffes d'un milliardaire sans scrupules. Prisonnier dans une villa de rêve sur une île paradisiaque, notre héros ne va pas supporter longtemps cette vie oisive. Il va se rebeller, ignorant qu'il va ainsi précipiter ses amis dans de terribles ennuis...
Biographie
Fabien Vehlmann est né le 30 janvier 1972 à Mont-de-Marsan, dans les Landes. (Il en gardera l'amour des arbres tordus par le vent.) Trois ans plus tard, il déménage en Savoie, où il passe une enfance "vraiment chouette", un harmonieux dosage entre introversion — il adore inventer des jeux tout seul — et sociabilité — il adore retrouver ses potes. "J'ai eu de la chance, mes parents m'ont laissé jouer, au lieu de me faire bosser dès la maternelle."
Vers 6 ans, il attaque la bande dessinée et remplit ses cases de dessins genre "sténo". Il se découvre aussi un don d'amuseur public, qu'il se croit obligé d'entretenir jusqu'au moment où il comprend qu'il a aussi le droit d'être triste. Cela nous vaut (peut-être) les moments les plus touchants de "Samedi et Dimanche". Quand, par exemple, entre deux rigolades, Samedi se chope le blues ; il n'est plus qu'un pauvre petit chiffon qui veut "tomber ici et puis rester tout mou sur le sol, et puis pleurer".
Arrivé à la fin du lycée, Vehlmann se dit que la BD n'est pas une orientation professionnelle raisonnable. Il entre à l'école supérieure de commerce de Nantes, navigue dans le marketing des jouets, et sort diplômé en 1995.
Objecteur de conscience, il se retrouve administrateur d'une troupe de théâtre. "C'était comme être planté au milieu d'une pâtisserie sans pouvoir manger les gâteaux : je ne vivais que les aspects chiants de la création !" Malgré tout, il tourne deux ou trois courts-métrages avec les comédiens et s'essaie à la radio dans une station locale, avec des sketches qui font bien marrer le technicien — c'est toujours ça.
En 1996, ‘Spirou' organise un concours d'écriture de scénarios. Il faut envoyer quatre pages, il en tartine quarante... c'est beaucoup trop ! Il envoie donc ses pages en marge du concours. Il reçoit une réponse mitigée – "Peut mieux faire" — qui le galvanise parce que c'est une réponse quand même. En vue de "mieux faire", il attaque une autre BD qu'il renvoie au même ‘Spirou'. Réponse : "C'est toujours pas ça." "Là, j'ai morflé : je me voyais déjà en haut de l'affiche !" Le jeune homme fait alors fait un pari : au lieu de chercher du boulot dans le commerce, il va rester chez ses parents pendant un an pour écrire de la BD. "J'ai eu du pot, mes parents ont accepté. J'ai toujours eu beaucoup de chance, je tiens à le dire." Cette fois, ‘Spirou' est content et achète ses pages.
Après, tout s'enchaîne : il sort, avec Denis Bodart, l'album qui va le lancer, le premier de la série "Green Manor" (Dupuis, 2001), et rencontre Gwen de Bonneval à l'atelier des Vosges. Gwen a inventé deux bestioles en forme de lézard dont il ne sait pas trop quoi faire. Les deux auteurs s'associent, et voilà comment, en 2001, naît l'excellente série philosophico-humoristique "Samedi et Dimanche" (Dargaud, "Poisson Pilote").
En 2002, Vehlmann s'attaque au "Marquis d'Anaon" (Dargaud), une série beaucoup plus noire dessinée par Matthieu Bonhomme, et qui prouve la diversité de son talent. Pour Ralph Meyer, il scénarise ensuite "IAN" (Dargaud), sur le thème de l'intelligence artificielle.
Dès 2004, Fabien Vehlmann reçoit le prix Jacques-Lob.
En 2006, il entame la série à succès "Seuls" (Dupuis), mise en images par Bruno Gazzotti. Le premier tome est récompensé au festival d'Angoulême, dans la catégorie Jeunesse. La même année, il signe, avec Yoann, "Les Géants pétrifiés", premier one shot de la série "Une aventure de Spirou et Fantasio par..." (Dupuis). Il poursuit par ailleurs sa belle collaboration avec le dessinateur Frantz Duchazeau : "La nuit de l'Inca" (Dargaud, entre 2003 et 2006) ; "Les Cinq Conteurs de Bagdad" (Dargaud, 2006) ; "Dieu qui pue ; dieu qui pète" (2006, Milan). Suivra "Le Diable amoureux et autres films jamais tournés par Méliès" (Dargaud, 2010).
Pendant quelque temps, il touche au cinéma ("Un monde à nous" [2006], réalisé par Frédéric Balekdjian) et au dessin animé (la série "Avez-vous déjà vu ?" [2006], produite par Alain Chabat et réalisée par Piano et Gark), mais il décide toutefois de consacrer l'essentiel de son temps à la bande dessinée, dans laquelle il affirme trouver beaucoup plus de liberté d'écriture que dans l'audiovisuel.
En 2007, il travaille, avec le dessinateur Sean Phillips, sur le premier tome de la série "Sept" (Delcourt).
En 2009, Vehlmann et Yoann deviennent les auteurs de la série culte "Spirou et Fantasio", succédant ainsi à Jean David Morvan et José-Luis Munuera. Un an plus tard sort le tome 51, "Alerte aux Zorkons" (Dupuis).
En 2010, Vehlmann retrouve de Bonneval pour "Les Derniers Jours d'un immortel" (Futuropolis), un one shot de science-fiction. Avec les Kerascoët, il signe "Jolies ténèbres" (Dupuis, 2009) et "Voyage en Satanie" (Dargaud, 2011). Il écrit aussi une histoire de pirates, "L'Île aux cent mille morts" (Glénat, 2011).
En 2012, il signe, avec le dessinateur Éric Sagot, le premier tome d'un diptyque, "Paco-les-Mains-Rouges" (Dargaud). Le tome 2 sort en 2017.
Entre les nouveautés, il n'oublie pas ses séries : le tome 9 de "Seuls" (Dupuis) est sorti en 2015 ; et le 55e épisode de "Spirou et Fantasio (Dupuis)", en 2016.
N'oublions pas, enfin, que Fabien Vehlmann est également impliqué dans la revue numérique ‘Professeur Cyclope'.
dessinateur, scénariste né à Alençon dans l'Orne le 8 octobre 1971
Plus connu sous son simple prénom, Yoann Chivard passe le plus clair de son enfance à dessiner et à observer la nature... Autant d'activités qui se révéleront fort utiles pour sa future carrière. Son bac d'arts plastiques en poche, il réussit le concours d'entrée de l'Ecole régionale des beaux-arts d'Angers, dont il fréquente la section communication durant six ans, période au cours de laquelle il réalise divers travaux de commande (plaquettes, affiches...). Il étudie alors l'art contemporain mais aussi la photographie et la vidéo. Il rencontre, surtout, Eric Omond, qui devient son principal scénariste. Ensemble, ils élaborent Phil Kaos, qu'ils proposent, en 1996, dans la revue alternative anglaise Deadline - le public français doit attendre deux ans pour le découvrir, en album, chez Triskel. Toujours pour le public britannique, mais cette fois sur ses propres textes, il conçoit Dark Boris, dans Inkling. Son cycle des Beaux-Arts achevé, il travaille au Centre national de la bande dessinée (C.N.B.D.I.) d'Angoulême comme objecteur de conscience durant une dizaine de mois, profitant de l'occasion pour concevoir des outils pédagogiques et animer des cours de BD.
En 1996, aux côtés d'auteurs comme Omond, Nathalie Bodin, Marie Lombard, Boris Beuzelin, Pierre-Henry Laporterie ou Olivier Supiot - pour n'en citer que le noyau d'origine -, il participe à la création de La Boîte qui fait beuh, un atelier graphique angevin spécialisé dans la bande dessinée. En 1997, en compagnie de Frédérique Dutertre et Delphine Rieu, il signe Le Vilain Petit Canard, un livre pour enfants, paru chez Triskel. A cette même époque, il crayonne quelques personnages destinés à un livre illustré... Transposés en bande dessinée et dans un univers aborigène, ils serviront de base à Toto l'ornithorynque, une série écrite par Omond et publiée chez Delcourt à partir de 1997. Pleine d'humour et de tendresse, graphiquement superbe, cette saga juvénile leur confère une première légitimité. Parallèlement, le tandem conçoit Ninie Rezergoude pour l'éditeur japonais Kôdansha. Interrompu en cours de route et prépublié très partiellement dans l'éphémère Golem, le projet sera finalement repris en albums chez Delcourt, en 1999.
En 2000, pour ce dernier éditeur et sur un texte de Nathalie Ferlut, Yoann réalise Ether Glister. L'année suivante il entame une première collaboration avec Joann Sfar, concrétisée par Un Vampire à New York, un récit complet, inclus dans le premier volume collectif de Vampires, chez Carabas.
Entre 2002 et 2005, Omond et lui enchaînent La Voleuse du Père-Fauteuil, une subtile parodie du roman-feuilleton façon XIXè siècle intégrée dans la collection "Poisson Pilote" des éditions Dargaud (une intégrale en 2007). En 2003, toujours pour Delcourt, le dessinateur illustre Du ramdam chez les brasseurs, Un Donjon Monster, coscénarisé par Sfar et Lewis Trondheim.
De 2001 à 2003, sur un texte d'Omond, il signe John-John Pacard dans Fluide Glacial. Pour ce même mensuel, le tandem assure Paris-Strass entre 2005 et 2006 (un album, en 2006, dans la collection "Fluide Glamour"). Entre-temps, pour ce même support et sous le pseudonyme de Janus, Yoann reprend, entre 2004 et 2005, Bob Marone, une parodie décapante du célèbre aventurier imaginé par Henri Vernes; Yann assure l'écriture de cette série très vite rebaptisée Bob et Bill.
En 2006, sur un texte de Fabien Vehlmann et dans l'hebdomadaire Spirou, il illustre Les Géants pétrifiés, inaugurant ainsi la collection "Une aventure de Spirou et Fantasio", une suite de récits indépendants mettant en scène le groom-aventurier et son complice.
En 2009, Vehlmann et lui se voient confier, par Dupuis, la réalisation de la série classique Spirou et Fantasio. Parallèlement, en 2007, sur un texte de Vincent Ravalec, Albin Michel publie Croyez-en moi - La clé du pouvoir; Delcourt n'est pas en reste avec son Fennec, un ouvrage scénarisé par Trondheim et proposé par la collection "Shampooing". S'il avoue volontiers avoir subi l'influence d'auteurs comme André Franquin, Moebius ou Alberto Breccia - on a connu de pires références! -, Yoann n'en signe pas moins une oeuvre toute personnelle, où se mêlent un sens aigu de la mise en scène et des chromatismes."
©Patrick Gaumer - Dictionnaire Mondial de la BD (Larousse, 2010)
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