Ce qu’en dit l’éditeur
Trente ans après la tragique retraite de Russie du Corps expéditionnaire italien consécutive à l'échec de la prise de Stalingrad et vingt ans après la publication du Sergent dans la neige devenu un classique de la littérature italienne du XXe siècle, Mario Rigoni Stern réalise un désir qui le taraude : retourner sur les lieux où tant de ses camarades ont trouvé la mort, au combat, de froid ou de faim. C'est l'occasion d'évoquer ses souvenirs. Passé et présent alternent. Jadis, les souffrances vécues ont rapproché les deux camps. Aujourd'hui, l'auteur retrouve les qualités de l'âme russe découvertes dans les camps de prisonniers où, réfractaire à poursuivre le combat aux côtés des troupes allemandes après 1943, il a côtoyé les soldats de la grande Armée Rouge. Déjà, durant la retraite les contacts humains avec la population locale, élémentaires autant qu'essentiels, recèlent une belle leçon de vie. Il évoque aussi son cher plateau d'Asiago, notamment lorsqu'une vieille scierie est convertie en camps d'internement pour des Juifs dont l'auteur s'efforcera après la guerre d'identifier les victimes et les survivants afin de nous faire aussi connaître leurs noms, à nous, lecteurs.
Biographie
Avec Italo Calvino et Primo Levi, qui furent des amis proches - et qui l'admiraient -, Mario Rigoni Stern (1921-2008) a été l'une des grandes voix de la littérature italienne du XXe siècle.
Fidèle à sa région natale, le plateau d'Asiago, en Vénétie, il a conté, tout au long de son oeuvre, les charmes et le drame de cette région frontière, lieu de violents combats durant la Première et la Seconde Guerre mondiale. Frère en littérature d'un Jean Giono, il n'a cessé au fil de ses livres de dénoncer l'horreur des combats pour l'homme comme pour cette nature dont il fut si proche et qu'il a chantée avec un art souverain.
De son premier livre, Le Sergent dans la neige, récit de son retour tragique du front russe, à ses derniers écrits, Rigoni Stem est resté l'écrivain dont Primo Levi a pu dire : " On trouve rarement pareille cohérence entre l'homme qui vit et l'homme qui écrit, pareille densité d'écriture. "
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