Ce qu’en dit l’éditeur
Les concepts de méthode historique, de pensée historique, de littératie historique et de conscience historique ont fait l’objet, depuis plus de trois décennies, de très nombreux travaux, dans le monde tant anglophone que francophone. En revanche, le temps historique ou historien est très rarement l’objet de l’attention des chercheurs en didactique de l’histoire. Même au préscolaire et au primaire, des ordres d’enseignement où le concept de temps est souvent mis de l’avant, les travaux de recherche font l’impasse sur la définition de cet objet : le temps historien. Il constitue ainsi une forme d’impensé, alors qu’il est pourtant considéré comme au cœur de l’enseignement de l’histoire et, avant cela, au cœur même de la discipline scientifique qu’est l’histoire.
L’objet de cet ouvrage est de proposer une définition du temps historien comme objet d’enseignement et d’apprentissage. Cette définition est bâtie sur les travaux de nature épistémologique réalisés par des historiens et didacticiens de l’histoire, principalement en francophonie et dans le monde anglo-saxon. Elle s’appuie également sur une relecture de la pensée de quatre figures représentatives de la tradition philosophique occidentale (Aristote, saint Augustin, Kant, Heidegger) et les recherches du philosophe et épistémologue Paul Ricœur. Ainsi fondé sur une quadruple base, philosophique, historique, épistémologique et didactique, le concept de temps historien est enfin opérationnalisé, afin de permettre aux personnes enseignantes d’en planifier l’enseignement et aux chercheurs de l’approcher comme objet d’investigation.
Biographie
Jean-Louis Jadoulle est professeur titulaire à l’Université TÉLUQ à Québec. Auparavant, il a enseigné à l’Université catholique de Louvain et à l’Université de Liège. Docteur en histoire et titulaire d’une maîtrise complémentaire en éducation, il est spécialiste de la didactique de l’histoire. Ses recherches portent sur l’apprentissage et l’évaluation des compétences en histoire, la conception et l’usage des manuels scolaires d’histoire, la culture historique des élèves, les démarches d’enquête et l’apprentissage de la temporalité historienne.
Gaël Pirard est professeur de didactique de l’histoire et de l’histoire de l’art à l’Université de Liège. Après un master en histoire sur l’Antiquité méditerranéenne et un master en didactique de l’histoire, il a soutenu une thèse de doctorat portant sur l’apprentissage de la temporalité historienne au secondaire. Ses recherches portent sur l’apprentissage du temps et son évaluation, les représentations de la pensée historienne et les obstacles à son apprentissage.
Sarah Lapré est enseignante et conseillère pédagogique en univers social à la formation générale des adultes. Elle est aussi collaboratrice pour le ministère de l'Éducation et assistante de recherche à l’Université TELUQ (Québec). Titulaire d’une maîtrise en études québécoises et d’un certificat en histoire de l’art, elle poursuit des études de deuxième cycle en éducation. Elle travaille sur l’intégration du programme d’histoire à la formation générale des adultes au Québec.