Ce qu’en dit l’éditeur
OME II : Présence de la mort - La Séparation des races - Passage du poète - L'Amour du monde - La Grande Peur dans la montagne - La Beauté sur la terre - Farinet ou La Fausse Monnaie - Adam et Ève - Derborence - Le Garçon savoyard - Si le soleil ne revenait pas - La Guerre aux papiers. Avec la collaboration de Noël Cordonier, Jérôme Meizoz, Christian Morzewski, Jean-Louis Pierre, Philippe Renaud, Alain Rochat, Vincent Verselle, 1840 pages, rel. peau, 105 x 170 mm. Collection Bibliothèque de la Pléiade (No 518), Gallimard -rom. ISBN 2070116409.
Ramuz voilà un cas. Qu'un écrivain de cette dimension puisse être aussi méconnu, cela dépasse l'entendement. En Suisse, son pays d'origine, il est un monument historique. En France, de son vivant, il fut presque célèbre, et souvent mal compris (auteur « rustique », « romancier de la montagne », etc.) ; depuis sa mort (1947), il est peu réédité, peu lu. Il y a des absences dont on se console. Mais connaître Ramuz, c'est vouloir aussitôt le faire connaître. La Pléiade publie donc ses vingt-deux romans. Ils mettent en scène des paysans, la nature y est omniprésente, ils ne sont pas écrits en français standard : voilà pour la surface des choses c'est elle qui a pu faire taxer Ramuz de régionalisme. Mais creusons un peu. Ramuz traite la nature comme Cézanne ses paysages : il la réduit à ses lignes de force, le pittoresque n'est pas son affaire. Sa montagne n'est pas moins réinventée que les collines mississippiennes de Faulkner. Ses paysans, dépouillés, « élémentaires », et à vrai dire fantasmés, il fait d'eux l'équivalent des rois de Racine : des hommes en proie à la fatalité. Ses sujets l'amour, la mort, la séparation des êtres sont ceux des tragiques : aussi universels qu'intemporels. Quant à sa langue, pure création, constamment rythmée, elle repousse les bornes de la syntaxe et sert une narration qui conduit le roman aux limites du genre : il « doit être un poème ». Ramuz étonne. Conformistes s'abstenir. Mais ce n'est évidemment pas un hasard si des écrivains aussi différents (et le mot est faible) que Claudel et Céline l'ont aimé. Pour qui attend du roman autre chose que l'éternelle répétition de modèles et de discours convenus, il sera une découverte majeure.
Biographie
Né en Suisse le 24 septembre 1878, Ramuz effectue ses études dans le canton de Vaud.
Il obtient son baccalauréat en 1895 et entreprend une licence en lettres classiques, qu'il obtient en 1901. Immédiatement après, il enseigne au collège d'Aubonne, localité située dans une région viticole de son canton. En 1902, il se rend à Paris afin de préparer, à la Sorbonne, une thèse de doctorat sur le poète et écrivain français Maurice de Guérin (1810-1839) qu'il abandonne bien vite pour se consacrer à l'écriture.
Durant plus de dix ans, Ramuz partage alors son temps entre la Suisse romande et Paris où il est introduit dans le salon du critique littéraire, journaliste et écrivain suisse Edouard Rod. C'est du reste par l'intermédiaire de ce dernier que l'écrivain parvient à publier son premier roman, Aline (1905), à Paris, aux Editions Perrin. Il avait précédemment publié chez Eggimann, à Genève, un recueil de poésie à compte d'auteur intitulé Le petit village (1903).
En 1924, il signe un contrat aux Editions Grasset ; il publie alors la plupart de ses livres en deux temps, à Lausanne d'abord, chez Mermod, éditeur et mécène, puis à Paris, chez Grasset. Sa langue, savamment naïve, se veut accordée au rythme du terroir vaudois. Peu après la naissance de sa fille, et quelques semaines à peine avant le début de la Première Guerre mondiale, il décide de rentrer en Suisse, où il reste jusqu'à sa mort en 1947.
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