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Petit crayon pour faire mine

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Éditeur : BOREAL Date de parution : 23 septembre 2024 Rayon : LITTERATURE QUEBECOISE Format : Broché EAN13 / ISBN :

9782764628478

Couverture du livre Petit crayon pour faire mine - DAIGLE FRANCE - 9782764628478
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À lire
« Dans cet inespéré (le mot est faible) nouvel ouvrage, France Daigle renoue avec l’écriture dans une forme intime, transposant ses habituelles structures narratives kaléidoscopiques à une pensée sur le genre, l’écriture et (pourquoi pas) la chimie moléculaire. Faisant partie de la constellation construite d’œuvre en œuvre depuis La vraie vie (1993), en passant par, entres autres, Pas pire (1998), Un fin passage (2001) et, bien sûr, le magistral Pour sûr (2011), « Petit crayon pour faire mine » renoue avec et cristallise certains thèmes et figures des romans précédents : Terry, Carmen, Zed et les enfants y font des apparitions ponctuelles, le Yi Qing a droit à son caméo et la lourde et épineuse question de la langue dans les communautés acadiennes, bien que moins centrale que dans certaines œuvres précédentes est belle et bien présente, en filigrane. Si Daigle s’est toujours immiscé.e dans son œuvre, le présent ouvrage donne plus de place à l’auteur.ice qu’à son habitude, notamment en ce qui concerne sa venue à sa propre transidentité et sa relation au monde en tant qu’écrivain.e. Il est difficile de ne pas finir « Petit crayon pour faire mine » avec une joie douce-amère : si on se laisse aller au bonheur à réentendre cette voix, ce souffle, on sent tout de même que Daigle y clôt quelque chose, y ferme les dernières quelques parenthèses laissées béantes, tout en jetant une lumière nouvelle sur des questions centrales de son Œuvre ; on sent, au fil des pages où le récit se construit minutieusement, qu'on assiste tout autant à un début qu'à une fin. « Petit crayon pour faire mine » montre un.e France Daigle, comme d’habitude, en auteur.ice perpétuellement au sommet de son art.  »

extrait sélectionné

Je me pensais incapable de le reprendre, ce manuscrit laissé de côté de côté depuis des années. Il fallait me rendre à l’évidence, le résultat que j’espérais ne venait pas.
En toile de fond, le tableau périodique de Mendeleïev. J’aspirais à tisser un roman au travers de cette forme, me croyant suffisamment habile pour faire ressortir un motif quelconque. Mais le livre est rapidement devenu laborieux à écrire. Il n’est pas évident de souffler de la légèreté dans nos conditions d’existence. Je ne me rendais pas compte à quel point je m’attaquais à du lourd.

Ce qu’en dit l’éditeur
Petite agitation au bar littéraire avant-hier. Quelqu’un a remarqué la désignation auteur sans e au bout de mon nom. Avais-je définitivement adopté le masculin ? Allais-je prendre des hormones, subir les chirurgies ? Avais-je songé à la transformation littéraire ? Aux pronoms ? France Daigle nous raconte comment le projet est né en elle d’écrire un livre-fable, un récit à la fois excentrique et concentré, qui se présenterait comme une évidence. Mais le livre se refuse à elle jusqu’à ce que deux événements viennent bouleverser son quotidien. Il y a d’abord l’acceptation de sa nouvelle identité de genre et sa décision de reconnaître sa transition vers le masculin. (Ma masculinité de salon commençait-elle donc à transparaître ? Cette masculinité, je n’arrivais pas à savoir si elle était réellement là ou si, tout simplement, je la désirais ou l’imaginais. Était-ce moi qui aspirais à elle ou était-ce elle qui m’aspirait ?) Puis la fable lui arrive enrobée d’une personne, en l’occurrence une femme. (Je n’y croyais pas, aux muses. En tant que femme, je les pensais de simples figures symboliques plutôt inoffensives, à peu près l’équivalent d’un lutin pour un enfant. Aujourd’hui, en tant qu’homme, je suis absolument prêt à prendre au sérieux cette muse inoffensive.) C’est avec un immense plaisir que nous retrouvons dans Petit crayon pour faire mine l’humour et la soigneuse construction qui faisaient tout le prix de Pour sûr. France Daigle poursuit ici son exploration des frontières et des oppositions – français/anglais, fille/gars, vivre/écrire, Acadie-Amérique/France-Europe –, autant de fantasmes qui sont, pour nous, humains, à la fois porteurs et barrages.
Biographie
France Daigle a fait des études en littérature avant de tremper dans le journalisme. Son expérimentation du langage est certainement un de ses signes distinctifs, à fortiori dans son plus récent ouvrage, Pour sûr (Boréal, 2011), qui lui a valu le Prix littéraire du Gouverneur général. Figure importante de la littérature acadienne, elle est l’auteure d’une dizaine de romans.
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