Ouananiche : Amitiés, deuils et pêche à la mouche
Lussier Olivier
Disponible en librairie
Éditeur : TA MÈRE Date de parution : 25 mai 2026 Rayon : LITTERATURE QUEBECOISE Format : Broché EAN13 / ISBN :
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Éditeur : TA MÈRE Date de parution : 25 mai 2026 Rayon : LITTERATURE QUEBECOISE Format : Broché EAN13 / ISBN :
9782925544173
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À lire
« Moi aussi, comme Olivier Lussier, je crois au pouvoir des ions positifs sur le bord d'une rivière quand on cesse d'être l'otage du temps. Cette théorie est beaucoup plus probante que l'hypothèse des phéromones m'est avis. Moi aussi, comme Olivier Lussier, je préfère pêcher à la sèche même si cette technique amenuise nos probabilités de réussite (qui sont déjà dans la cave sois dit en passant mais on aime ça comme ça). Il n'y a rien de plus miraculeux que d'apercevoir une truite « monter » sur notre mouche pour la gober après avoir marsouiner et marauder autour, rendant alors grâce à notre propre art du moucheur, notre sens de l'observation patenté et nos petits yeux pas décrottés de gars qui s'est levé à 4h du mat car l'eau est froide, bien oxygénée et la nature, discrète et grandiose juste pour nous.
Moi aussi, j'ai un gros crush pour l'écrivain et pêcheur à la mouche américain John Gierach. Essayez d'être à la fois retord, philosophe et distingué comme lui, c'est presque pas de ce monde sapristi.
Pour l'heur, le récit « Ouananiche » de Olivier Lussier m'a fait brailler 2 fois. Le poème dédié à son meilleur ami Thom est une véritable tuerie, aussi beau que le dernier lancer sur une fosse, l'espoir au cœur, quand tu as vu marsouiner toute la journée et que tu as senti aucune touche. On pense qu'on sera récompensé pour notre patience, mais le poisson en a rien à cirer du ratio temps de pêche vs capture.
J'ai ressenti 3 épiphanies de lecteurs et je suis juste à la page 115. Vous savez lorsque vous lisez une situation qui résonne en vagues sur des circonstances de votre propre vie que vous aviez oublié et enterré sous la roche de l'oubli? Ici, c'est une histoire de bonheur familial et de mauvaise foi caractéristique qui remonte à la surface.
C'est mon père qui m'a tout appris, sur la rivière en face du chalet familial. C'est un maître moucheur, mais il est bien trop humble pour se ranger à mon avis. Quand j'étais gosse, je passais des heures à le regarder pêcher avec sa longue canne de 10 pieds, sa dégaine de notaire anglais et son incapacité à s'impatienter. Un jour, on pêche sur la rivière sainte-Marguerite avec mon paternel et mon frère dans une fosse de première catégorie, belle, bien profonde et cerclée de grève. Mon père ferre un beau gros saumon, nous passe la canne pour nous faire vivre l'exaltation d'être connecté avec une énergie sauvage et finalement le ramène sur le bord, heureux d'avoir « vaincu » Salmo salar dans un "combat" loyal. En allant faire enregistrer « notre » prise, un pêcheur bien à la mode qui avait connu moins de succès cette journée-là essaie de crever notre bonheur en nous disant que le saumon, selon lui, est venu se suicider sur la mouche de mon père...
Bref, le récit d'Olivier Lussier est un pur bonheur de lecture. Si vous n'aimez pas la pêche, vous allez tripper pareil parce que c'est doux et émouvant. Et si vous n'aimez pas la poésie, vous allez tripper pareil parce que ça vient racler le fond de nos affects en dormance, ça fait lever le sel de nos relations fondamentales et de nos pertes viscérales.
Ma mouche préférée Olivier c'est la « Nuit Blanche ». La mouche qui m'a fait prendre le plus de poissons c'est la « Muddler Minnow ». »

