Publiés en 1854 à la suite des Filles du feu, peu avant son suicide, les douze sonnets des Chimères représentent un sommet de perfection formelle dans l´euvre de Gérard de Nerval (1808-1855), et sans doute dans la poésie française. Dans ces vers lumineux et mystérieux, il se forge une mythologie personnelle dont les matériaux sont empruntés aussi bien aux cultes de l´Antiquité et de l´Orient qu´à ses souvenirs d´enfance et de voyage.
Au centre, il y place la Femme divinisée, à la fois sainte, reine et fée, incarnation de ses amours perdues : Je suis le ténébreux, le veuf, l´inconsolé.