Ce qu’en dit l’éditeur
Michel de L’Hospital semble une des figures fondatrices d’une identité française qui se serait progressivement dégagée depuis la Révolution. Sa statue demeure disposée devant l’Assemblée nationale en témoignage de son rôle de précurseur de la « modernité » politique parce qu’il aurait, le premier, tenté d’applique le principe de « tolérance ». Mais celui qui, à partir de juin 1560 et avec comme projet d’empêcher l’extension des troubles civils découlant de la division religieuse, accéda à l’office de chancelier, dans une séquence d’extrême instabilité due aux tensions montantes entre Catholiques et Calvinistes, demeure un personnage mal connu, voire livré à l’anachronisme. L’objet de ce livre n’est pas de reconstituer un parcours biographique, mais d’essayer de comprendre quel fut l’imaginaire qui put produire, contre les acteurs mêmes de la rupture de l’unité religieuse et contre leurs rêves d’une France unifiée ou réunifiée dans leur foi, l’idée d’une cohabitation des religions, de comprendre aussi quel fut le sens véritable de ce projet qui apparut à nombre de contemporains comme voué à l’échec, impensable et irréalisable, faisant encourir la malédiction divine sur le royaume de France.
Biographie
Professeur d'histoire moderne à l'université de Paris IV-Sorbonne, spécialiste des guerres de religion et des pratiques de violence à la Renaissance, Denis Crouzet construit une œuvre pénétrante, de ses Guerriers de Dieu (Champ Vallon, 1990) à son « Haut cœur » de Catherine de Médicis, récemment paru (Albin Michel, 2005), en passant par sa Nuit de la Saint-Barthélémy. Un rêve perdu de la Renaissance (Fayard, 1994). On lui doit également trois remarquables biographies de Michel de l'Hôpital (Champ Vallon, 1998), Jean Calvin et Charles de Bourbon (Fayard, 2000 et 2003), ainsi qu'un recueil d'entretiens avec la grande historienne américaine, Natalie Zemon Davis : L'Histoire tout feu tout flamme (Albin Michel, 2004).
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