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La route : les vagabonds du rail

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Éditeur : PHEBUS Collection : LIBRETTO Date de parution : 26 janvier 2001 Rayon : LITTERATURE AMERICAINE Format : Poche EAN13 / ISBN :

9782859407018

Couverture du livre La route : les vagabonds du rail - LONDON JACK - 9782859407018
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Ce qu’en dit l’éditeur
Sous son titre emblématique, The Road (qui perd beaucoup de sa force dans l’adaptation française qui a eu longtemps cours : « Les Vagabonds du rail »), ce livre est peut-être, parmi tous ceux qu’a signés London, celui qui aura eu le plus d’influence sur la littérature américaine à venir. Et Kerouac, en intitulant Sur la route son œuvre la plus fameuse, lui tirera par le fait un sérieux coup de chapeau. La route dont il s’agit, c’est le libre et dur chemin du hobo, ce vagabond sans feu ni lieu qui voyage sur l’essieu des wagons, dort au creux des fossés ou dans les gares de triage, mange ce qu’il chaparde ou ce que lui offrent quelques bonnes âmes (il y en a – pas beaucoup)… et ne connaît bien souvent d’autre toit que celui de la prison. London a connu tout cela autour de ses dix-huit ans, et La Route évoque, avec quatorze ans de recul, les souvenirs de cette année de vagabondages qui le vit parcourir quelque 20 000 kilomètres d’un bout à l’autre des États-Unis – aux dépens des compagnies de chemin de fer (qui traquaient pourtant sans pitié les clandestins)… et de ses souliers. En 1894 – on l’a un peu oublié – les États-Unis traversent une terrible crise économique. La croissance, menée trop rapidement, s’effondre en quelques saisons : dans la seule année 1893, cinq cents banques et seize mille entreprises font faillite, et l’année suivante un ouvrier sur quatre se retrouve au chômage. Le gouvernement de l’époque estime qu’il n’a pas à intervenir : le libéralisme à la mode – déjà ! – postule que les choses se répareront d’elles-mêmes… avec le temps. A quoi les ouvriers, dont la gamelle exige d’être remplie à l’instant, protestent par la grève sauvage, parfois par la révolte ouverte. C’est alors qu’un petit patron de l’Ohio du nom de Jacob Coxey, nourri d’idées socialistes, a l’idée d’enrôler tous ces crève-la-faim dans une marche pacifique sur Washington : histoire de faire entendre aux représentants du peuple que la faim et la misère sont des affaires dignes peut-être de retenir leur attention. Coxey est de ces idéalistes pleins de charisme comme l’Amérique a le talent d’en produire, mais qui trébuchent avec naïveté sur les pierres que les petits malins se font un plaisir de semer le long de leur route. Il réussira à lever plusieurs armées de gueux aux quatre coins de l’Amérique… mais le chemin qui mène à Washington est long, et les autorités locales ont le talent de distraire ou d’affamer les pauvres marcheurs qui font halte aux portes de leur ville. De quelques dizaines de milliers de gaillards qui ont répondu à l’appel de Coxey, deux ou trois cents à peine atteindront les marches du Capitole. Jack London, encore gamin à l’époque (mais qui a déjà voyagé comme matelot dans le Pacifique et tâté son content du travail en usine) s’enrôle à l’appel de Coxey dans l’« armée » des gueux de Californie commandée par le « général » Kelly. Il se retrouve dans le Nevada, puis dans le Missouri où il « déserte », histoire de se donner une petite chance de ne pas crever la dalle pour de bon, puis à Chicago, puis au Canada, puis en tôle (près de Niagara Falls), puis à Boston, Pittsburgh, Baltimore, New York… avant de regagner la côte ouest par des chemins plus improbables encore. Cette épopée de la faim pourrait donner lieu à un livre plein d’amère tristesse. C’est tout le contraire. Jack en bave sans doute, et il ne nous le cache pas, mais cette souffrance est balayée par un formidable désir de vivre, par le plaisir sans cesse renouvelé des rencontres, par le goût de la route et du vent. Le climat du livre, plein d’énergie dépensée sans compter, d’humour facétieux, de culot éhonté, est très exactement celui des premiers films de Chaplin. L’un des plus beaux hymnes jamais dédiés à la jeunesse et à la liberté. Chronique des quelques saisons que le jeune London (à 18 ans) passa à vagabonder sans un sou en poche sur les routes des États-Unis, voyageant sans billet sur les essieux des trains… et couchant parfois en prison. La Route (Les Vagabonds du rail) – l’un de ses plus grands livres – servira pendant deux ou trois générations d’emblème à la jeunesse contestataire américaine.
Biographie
Jack London (1876-1916) : la vie brève et mouvementée de cet écrivain américain est dominée par la nécessité de se mettre en scène dans une série de rôles inspirés par la réalité d'une naissance illégitime, d'une enfance malheureuse, et l'emportement de passions précoces : pour les livres, l'aventure et la réussite, mais aussi pour la cause du peuple qui détermine son adhésion au parti socialiste dont il se voudra le porte-parole jusqu'à la veille de sa mort. Cette édition a été établie par Francis Lacassin.
Passionné de bande dessinée et de littérature populaire, scénariste, éditeur, collectionneur, journaliste, Francis Lacassin fut, de 1981 à 2000, l'un des principaux collaborateurs de « Bouquins ».
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