Ce qu’en dit l’éditeur
En 1966, alors que le LSD était encore légal, les artistes étaient préoccupés par l’exploration du potentiel cognitif, la conquête de la « liberté interne ». Ils n’hésitaient pas à avoir recours aux psychotropes pour parvenir à des états seconds et à une conscience modifiée. Ils s’intéressaient aux philosophies orientales et au chamanisme de la Sibérie et de l’Amérique du Sud, à l’ayahuasca et au peyotl, dans leur recherche de nouvelles formes d’existence. Ce numéro riche en contenu explore, cinquante ans après, le rôle des prothèses chimiques dans l’art d’aujourd’hui et en quoi elles seraient supplantées par des « suppléments technologiques ». Nous pouvons nous demander si, en 2016, les artistes sont encore préoccupés par les « portes de la perception », s’ils cherchent une conscience augmentée, sinon une humanité transformée (H+). Avons-nous encore besoin de raccourcis spirituels, d’accélérateurs psychiques, d’électrochocs culturels?
Biographie
Henri Michaux, né en 1889 à Namur (Belgique), est mort à Paris en 1984.Issu dune famille bourgeoise, Michaux est un « écorché vif » , révolté. Très tôt, il se passionne pour les sciences naturelles et les mots du dictionnaire. Il embarque en 1920 comme matelot pour les Amériques et voyage de 1927 à 1937 en Asie et en Amérique du Sud et se retire dans le midi pendant la guerre. Maîtrisant tous les registres de la langue, peintre également, il compose des recueils inimitables.Citons Plume précédé de Lointain intérieur, 1938 ; L'Espace du dedans, 1944, La vie dans les plis, 1949 ; Façons d'endormi Façons d'éveillé, 1969, Bras cassé, 1973
Biographie d'Antigone Mouchtouris Sociologue spécialisée dans le domaine de la culture, Antigone Mouchtouris est habilitée à diriger des recherches à l'Université Paris-V Sorbonne et enseignante à l'Ecole du Louvre ; directrice pédagogique du DESS "Consultant Culturel" à l'Université Paris-X Nanterre pendant huit ans (1995-2002), elle a fondé l'Association pour la recherche économique et sociologique (ALRES). Elle consacre ses recherches à la culture et à l'anthropologie sociale.
Héritier du surréalisme international, Serge Pey se réclame d’un archaïsme fondamental : celui du chamanisme sans patrie qui est l’axe central de la poésie telle qu’il la pratique et l’entend. Le Carnaval des poètes vient s’inscrire en point d’orgue au terme de quatre décennies d’écriture et de poésie-action. En faisant défiler une cohorte de chars et de masques grotesques où les siècles se mêlent en un savant chaos, Pey renoue avec une veine satirique qui ne s’interdit ni la louange ni la trivialité. Que la poésie puisse encore se permettre de semblables fêtes – à l’encontre des célébrations confites qui la guettent – a quelque chose de rassurant. Même si c’est toujours vers une lumière plus secrète que tendent les flammes noires du poème de Pey.
Philosophe et écrivain, Michaël La Chance est professeur d'histoire et de théorie de l'art à l'Université du Québec à Chicoutimi.
Huron-Wendat originaire de Wendake, Guy Sioui Durand réfléchit et agit comme sociologue critique (Ph.D.), commissaire et critique d'art. Il a fait de l'art actuel au Québec et de l'art amérindien contemporain ses domaines de préoccupation. Il rêve la littérature comme d'un souffle puissant qui propulse dans nos vies des histoires racontées, issues de l'oralité amérindienne. Son essai L'art comme alternative (Éditions Intervention, 1997) et son récit Jean-Paul Riopelle - Indianité (Gid, 2003) imaginent, dans des formes différentes, de tels songes fabuleux.
Du même auteur