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Il n'y a pas de Ajar : monologue contre l'identité

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Éditeur : GRASSET Date de parution : 24 octobre 2022 Rayon : ESSAIS LITTERAIRES Format : Broché EAN13 / ISBN :

9782246831563

Couverture du livre Il n'y a pas de Ajar : monologue contre l'identité - Horvilleur Delphine - 9782246831563
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À lire
« En cette veille de nouvel an, voici un p’tit remontant qui vous donnera de quoi faire face aux crispations identitaires qui, à n’en pas douter, continuerons de grever la faible réserve de nuance que l’humanité a su préserver pour l’an de (dis)grâce 2023. Après avoir essuyé le cours magistral du mononcle sur le péril woke et enduré l’interminable litanie d’autoflagellation de votre petit-fils, offrez vous une grande bouffée d’air frais pour oxygéner ce pauvre cerveau qui flottille à la dérive dans le gras de tourtière. Régalé de ses réflexions sur la mort (et donc sur la vie) dans Vivre avec nos morts, ses lecteurices retrouveront avec reconnaissance la « rabbin laïque » avec ce petit monologue contre l’identité (dont, il faut le dire, nous avions bien besoin). À croire que Horvilleur a un accès privilégié aux états d’âmes qui traversent l’époque ! En s’appropriant la voix du fils d’Émile Ajar, le célèbre alter-ego de Romain Gary demeuré secret jusqu’à sa mort, elle livre un vivifiant plaidoyer pour la réinvention de soi. Plutôt que la souche, elle revendique les ramages tendus en quête d’une main à serrer, l’alchimie qui métisse plutôt que celle qui se préoccupe seulement de l’hétérogénéité du précipité. Cette pratique intensive de l’empathie combinée à l’humour qui a fait le sel de l’œuvre de Gary/Ajar, elle nous l’offre en remède à l’unicité mortifère et congénitale. Tout cela, elle le fait avec le secours de ses adjudants habituels, soit une étude raisonnée de la Torah et de la Kabbale tout en s’appuyant sur la littérature et l’étymologie. Vous m’en donnerez des nouvelles ! »

extrait sélectionné

Il y a aussi de nouvelles obsessions identitaires aujourd’hui, celles qui font de nous de simples héritiers d’une couleur ou d’une « race », des fautes ou des mérites de nos ancêtres, des égarements ou des douleurs de nos pères. Là encore, cette identité transmise par des générations passées nous empêcherait d’être autre chose que ce que notre naissance a dit de nous. La fidélité à un peuple, un groupe ou une mémoire rend suspecte toute individuation. Peut-on dire « je » contre les siens ? demandent ces voix. Comprend-on le racisme sans être noir, la lutte contre l’antisémitisme sans origine juive, le combat féministe sans utérus ? Et dans cette tenaille identitaire politico-religieuse, je pense encore et toujours à Romain Gary, et à tout ce que son œuvre a tenté de torpiller, en choisissant constamment de dire qu’il est permis et salutaire de ne pas se laisser définir par son nom ou sa naissance. Permis et salutaire de se glisser dans la peau d’un autre qui n’a rien à voir avec nous. Permis et salutaire de juger un homme pour ce qu’il fait et non pour ce dont il hérite. D’exiger pour l’autre une égalité, non pas parce qu’il est comme nous, mais précisément parce qu’il n’est pas comme nous, et que son étrangeté nous oblige.

Biographie
Biographie de Delphine Horvilleur Delphine Horvilleur, femme rabbin française du Mouvement juif libéral de France (MJLF), est une ancienne journaliste. Elle dirige la revue Tenou'a - Atelier de pensée(s) juive(s) et a publié plusieurs livres, parmi lesquels : Réflexions sur la questions antisémite (Grasset, 2019) ; Comment les rabbins font les enfants. Sexe, transmission et identité dans le judaïsme (Grasset, 2017).
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