Chambres noires
Fortier Dominique
Disponible en librairie
Éditeur : ALTO Date de parution : 31 août 2026 Rayon : LITTERATURE QUEBECOISE Format : Broché EAN13 / ISBN :
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Éditeur : ALTO Date de parution : 31 août 2026 Rayon : LITTERATURE QUEBECOISE Format : Broché EAN13 / ISBN :
9782896947324
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À lire
« Vivian Maier n’a pas été connue de son vivant. L’œuvre de la nounou et photographe de rue a été découverte lors d’une vente de garage par un certain John Maloof, qui avait fait l’acquisition d’une boîte de ses négatifs pour la modique somme de 380 dollars. De là, le travail de l’artiste frappe et Maloof s’empresse de le révéler au grand jour.
Avec Chambres Noires, Dominique Fortier signe un nouveau roman en clair-obscur jusque dans la typographie. À l’image de l’art de la photographie et de son processus, l’autrice fait sortir de l’obscurité la vie de Maier et sa passion pour la photo, mais aussi son propre passé et ses fantômes. Il y a la chambre noire de la photographie et la chambre noire de sa propre vie. À la manière d’un jardin secret, les deux entités de la chambre noire semblent coexister, comme le souligne si bien l’autrice : « Le cœur droit et le gauche sont à leur tour divisés en deux chambres, un ventricule et une oreillette, l’un qui attire et l’autre qui repousse ; l’un qui dit oui et la seconde qui ne sait rien d’autre que refuser éternellement. Dans chacun de nos cœurs doubles, il y a ainsi deux chambres noires, que j’imagine tendues et palpitantes : (…) et la dernière, la plus obscure et la plus secrète, remplie d’absence. C’est là qu’habitent les fantômes. » (p.47)
Dans cette pièce où l’on développe nos clichés et où nous découvrons leur rendu, Dominique Fortier étire la métaphore au domaine du soi et à celui de l’histoire de la photographie. Dans un effet de contraste en bataille constante avec l’obscurité, la lumière et les zones d’ombres, les doubles et les fantômes se révèlent. Le devoir de mémoire persiste dans ce roman. On est aux côtés de Vivian Maier, cette photographe franco-américaine au caractère bien trempé, mais, comme la pellicule qu’on développerait, on tire aussi sur le fil de l’Histoire avec un grand H, l’histoire familiale de l’autrice, et l’origine et l’évolution de la photographie à travers les âges, dans ses moments les plus joyeux comme les plus sombres. La photo fige un mouvement pour l’éternité, crée une nouvelle dimension et rend vie aux êtres disparus. Elle étire le regard, nous fait voir autre chose que ce que nos yeux en mouvement captent et transmettent.
La vie de Vivian Maier oscille entre éclaircies et pénombre, à l’image de ce livre qui nous saisit et nous interroge. Des jeux de miroirs aux jeux de lumière où le sujet se dédouble en mise en abyme, les lignes de fuites sont partout, mais que fuyons-nous exactement ?
»

