Bonne pauvre (La)

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Éditeur : TETE PREMIERE Collection : Tenir tête Date de parution : 27 octobre 2025 Rayon : LITTERATURE QUEBECOISE Format : Broché EAN13 / ISBN :

9782925439271

Couverture du livre Bonne pauvre (La) - Darisse-Desbiens Annie - 9782925439271
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À lire
« Alerte maximale de sévère copinage (pour ne pas dire concubinage) ! L’auteur de ces lignes fait piètre figure et utilise délibérément son influence pour encenser le premier livre de sa blonde. Imaginez l’imposture ! Maintenant que ma crédibilité approche du zéro absolu, laissez-moi vous parler un peu de ce très beau livre qui est l’un des seuls que j’ai pris le temps de lire au moins cinq fois (voire plus et parfois sous la contrainte). Dans la lignée d’Ernaux et de Didion, cette femme merveilleuse ausculte sans complaisance mais avec beaucoup de tendresse son histoire familiale sur quatre générations. Entre le récit et l’essai sociologique, La bonne pauvre réfléchit en marchant à la transmission des inégalités de mère en fille ainsi qu’au tabou de la pauvreté blanche au Québec. Grande héroïne de ce livre, femme à la résilience d’exception, la regrettée Danielle Desbiens, mère radieuse de l’autrice, anime ces pages d’une volonté hors du commun de s’élever au-dessus d’une condition qui conspire, encore aujourd’hui, à limiter les possibles des femmes d’origine modeste. La bonne pauvre, c’est avant tout un hommage à cette battante avec laquelle on rage et on aime, qui jamais ne se laissa abattre malgré une adversité qui défie l’idée même d’une justice immanente. Avec une plume élégante, touchante, drôle et pleine d’invention, Annie Darisse-Desbiens nous gratifie d’un livre aux réflexions denses et prégnantes dans lequel beaucoup d’entre nous trouverons des échos à leur propre condition. En bref, un sacré beau livre que vous seriez bien fou de déposer sans l’acheter ! D’autant que vous vous rendriez coupable de grever par extension les finances de notre ménage ! Vous n'y pensez tout de même pas ? Si ? »

extrait sélectionné

Longtemps, je me suis crue maudite. Je ne me souviens ni du moment ni de l’endroit où j’ai entendu pour la première fois l’expression « être bien née », mais elle a marqué mon imaginaire. Sans en être tout à fait consciente, j’ai associé le concept à une forme de chance cosmique, comme s’il ne s’agissait que d’une façon plus maniérée d’exprimer l’idée d’être née ou non « sous une bonne étoile ». J’étais persuadée que ce n’était pas mon cas. Parce qu’elle offrait à l’enfant que j’étais une explication mystique pour légitimer le sentiment de défavorisation que je vivais depuis ma naissance, l’interprétation erronée que je m’étais faite de la locution s’est cristallisée en moi. Le jour où je compris que la formule référait non pas à un vague concept de félicité astrale, mais à une réalité bêtement aristocratique, je saisis qu’il me suffisait « d’être née » pour ne pas être bien née, mais je ne pus jamais me défaire de la conviction que je m’inscrivais dans une lignée de femmes damnées. Il me semblait que la vie de mes prédécesseures était écrite comme les mauvais romans le sont, tant l’accumulation de grands drames et de petites misères se trouvait partout, de toutes les époques, à tous les niveaux. Force m’a un jour été de réaliser que l’infortune transgénérationnelle dont je me sentais l’héritière n’avait rien d’ésotérique, qu’elle n’était attribuable qu’à ce qu’on appelle la pauvreté matérielle. Rien de spectaculaire ou d’abscons, rien qui mérite qu’on en fasse tout un plat, qu’il soit cosmique ou pas. L’indigence comme une dot de mères en filles, l’exact contraire des rois maudits, finalement.

Ce qu’en dit l’éditeur
Le 16 mars 2014, un accident majeur survient au Bic, sur la route 132, près de Rimouski. Un camion semi-remorque entre en collision avec un véhicule dans lequel une mère et sa fille, respectivement âgées de 38 et 18 ans, perdent la vie. Les deux femmes se nommaient Corinne et Caroline. Elles étaient la sœur et la nièce d’Annie Darisse-Desbiens. Secouée par le drame et par ses résonances sociales, l’écriture prend pour l’autrice la forme d’une enquête afin de sonder quatre générations de femmes dont les vies, brisées, ont été marquées par l’infortune, les secrets et la honte. La bonne pauvre convie le lectorat au cœur d’une pensée en marche. L’autrice explore les lignes de faille qui la traversent en dénouant fil par fil l’écheveau des legs féminins et de la transmission des inégalités sociales.
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