Accueil  / Catalogue  / Voyages  / Récits de voyage et d'aventure  / Avec les fées

Avec les fées

Sur commande
Si disponible à Montréal, délai de 5 jours (week-ends et jours fériés exclus) et expédié dès réception. Si ce titre n’est pas disponible à Montréal, le délai sera de 4 à 7 semaines. Pour une livraison au Québec, le délai habituel est de 1 à 3 jours.

Éditeur : DES EQUATEURS Collection : Equateurs littérature Date de parution : 20 mars 2024 Rayon : Récits de voyage et d'aventure Format : Broché EAN13 / ISBN :

9782382843710

Couverture du livre Avec les fées - TESSON SYLVAIN - 9782382843710
feuilleter
agrandir
Sur commande
Si disponible à Montréal, délai de 5 jours (week-ends et jours fériés exclus) et expédié dès réception. Si ce titre n’est pas disponible à Montréal, le délai sera de 4 à 7 semaines. Pour une livraison au Québec, le délai habituel est de 1 à 3 jours.

Ajouter au panier
(open)
Panier
À lire
« Si vous le permettez, sortons des plus récentes controverses dont Sylvain Tesson fut la cible et intéressons-nous à ce nouveau récit de voyage au pied marin, gorgé de légendes celtes et rehaussé de paysages dramatiques qui firent le sel des feuilletons de Walter Scott et de Robert Louis Stevenson. À bord d’un voilier en compagnie d’amis aventuriers, le baroudeur vogue depuis la Galice, longe la Bretagne, puis l’Irlande et explore la côte Écossaise et le Shetland. Pendant trois mois, il ausculte la tapisserie du réel à la recherche d’un accroc où s’engouffrer, cherchant la fée comme un sens caché en toute chose, immanent et pourtant insaisissable. Avec le secours des romantiques contenus dans sa Pléiade gonflée de sel de mer (Byron, Hugo, Shelley, Yeats), de quelques échos presque éteints d’un Moyen-âge lointain, de Nietzsche, Pastoureau et consort, il recherche la beauté qui perdure malgré la décevante marche du monde, les lâchetés quotidiennes et la médiocrité des occupants de la hune. Maître de l’aphorisme, chantre de l’effort et du dépassement, collectionneur d’aurores, Tesson poursuit sa sublimation du monde en réponse au « devisement » passé. Il recolle les morceaux d’un monde en éclat et nous incite à faire de même en s’émancipant au gré des sentiers et des parois, le nez au vent. Quelque part en plein air, le romantisme vit, bourdon en main et bottes crottées par la longue route.  »

extrait sélectionné

L’été commençait quand je partis chercher les fées sur la côte atlantique. Je ne crois pas à leur existence. Aucune fille-libellule ne volette en tutu au-dessus des fontaines. Le monde s’est vidé de ses présences. Au XIIe siècle, les hommes cheminaient au milieu des visions. Un Belge pâle, Maeterlinck, avait dit : « C’est bien curieux les hommes... Depuis la mort des fées, ils n’y voient plus du tout et ne s’en doutent point. » Le mot fée signifie autre chose. C’est une qualité du réel révélée par une disposition du regard. Il y a une façon d’attraper le monde et d’y déceler le miracle. Le reflet revenu du soleil sur la mer, le froissement du vent dans les feuilles d’un hêtre, le sang sur la neige et la rosée perlant sur une fourrure de bête : là sont les fées. On regarde le monde avec déférence. Elles apparaissent. Soudain, un signal. La beauté d’une forme éclate. Je donne le nom de fée à ce jaillissement. Bien entendu, si l’on se trouve au bord d’une falaise de l’Ouest, là où le soleil descend sur l’océan amical, fatigué d’en avoir tant vu, les fées ont plus de chance d’apparaître, parce que le paysage est douloureusement vaste et protégé par sa beauté.

Ce qu’en dit l’éditeur
L’été venait de commencer quand je partis chercher les fées sur la côte atlantique. Je ne crois pas à leur existence. Aucune fille-libellule ne volette en tutu au-dessus des fontaines. C’est dommage : les yeux de l’homme moderne ne captent plus de fantasmagories. Au XIIe siècle, le moindre pâtre cheminait au milieu des fantômes. On vivait dans les visions. Un Belge pâle (et très oublié), Maeterlinck, avait dit : « C’est bien curieux les hommes… Depuis la mort des fées, ils n’y voient plus du tout et ne s’en doutent point. » Le mot fée signifie autre chose. C’est une qualité du réel révélée par une disposition du regard. Il y a une façon d’attraper le monde et d’y déceler le miracle de l’immémorial et de la perfection. Le reflet revenu du soleil sur la mer, le froissement du vent dans les feuilles d’un hêtre, le sang sur la neige et la rosée perlant sur une fourrure de mustélidé : là sont les fées. Elles apparaissent parce qu’on regarde la nature avec déférence. Soudain, un signal. La beauté d’une forme éclate. Je donne le nom de fée à ce jaillissement. Les promontoires de la Galice, de la Bretagne, de la Cornouailles, du pays de Galles, de l’île de Man, de l’Irlande et de l’Écosse dessinaient un arc. Par voie de mer j’allais relier les miettes de ce déchiquètement. En équilibre sur cette courbe, on était certain de capter le surgissement du merveilleux. Puisque la nuit était tombée sur ce monde de machines et de banquiers, je me donnais trois mois pour essayer d’y voir. Je partais. Avec les fées.
Biographie
Écrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson est né en 1972. Après un tour du monde à vélo, il se passionne pour l’Asie centrale, qu’il parcourt inlassablement depuis 1997. Il s’est fait connaître en 2004 avec un remarquable récit de voyage, L’axe du loup (Robert Laffont). De lui, les Éditions Gallimard ont déjà publié Une vie à coucher dehors (collection blanche, 2009, Folio n° 5142) et, avec Thomas Goisque et Bertrand de Miollis, Haute tension (Hors série Connaissance, 2009).
Du même auteur
Ce livre a été associé à la Vitrine :
Ce livre a été associé à la Vitrine :