Ce qu’en dit l’éditeur
Le dossier «Démasquer la réaction» du 98e numéro de la revue À Bâbord! est coordonné par Nathalie Garceau, Philippe de Grosbois, Samuel-Élie Lesage et Alex Ross. Vous pouvez y lire les textes portant notamment sur la nation-anxiété, le discours anti-réactionnaire, la diversité libérale et la réaction anti-antiraciste, la gauche transphobe, les nouvelles tribunes du masculinisme, l’antifascisme comme pratique quotidienne et les usurpations identitaires signés par Jean-Pierre Couture, Samuel-Élie Lesage, Anne Archet, Maxime Fortin-Archambault et Gabriel Lévesque-Toupin, Philippe de Grosbois, Philippe Néméh-Nombré, Judith Lefebvre, Nathalie Garceau, Miriam Hatabi, Élisabeth Béfort-Doucet et Montréal Antifasciste.
Thématique
Quand les drag queens dans les bibliothèques et l'éducation à la sexualité dans les écoles sont attaquées par des «familles inquiètes »; quand des mobilisations antiracistes historiques subissent la riposte de politiciens et de commentateurs soucieux de préserver l'ordre et la culture; quand la généralisation du discours féministe dans l'espace public a pour corollaire une remontée du masculinisme le plus crasse; quand les luttes autochtones rencontrent l'obstination de ceux qui s'affirment plus résolument que jamais chez eux - alors il semble tout indiqué de parler d'un backlash, d'une véritable vague réactionnaire qui se dresse devant des mouvements sociaux gagnant en confiance et en visibilité.
La réaction n'est pas n'importe quelle droite: c'en est une qui répond - par la négative et avec violence - aux exigences croissantes de justice qui émergent en période de crise. Pour la saisir, il faut donc voir ce qui la rapproche et ce qui la distingue du simple conservatisme, du néolibéralisme ordinaire ou du fascisme abouti. Il faut aussi s'atteler à comprendre la conjoncture d'instabilité et de tensions qui appelle ce durcissement des rappels à l'ordre: notre système économique et politique n'allant plus de soi, il devient nécessaire d'identifier des boucs émissaires pour détourner l'attention. Enfin, on ne saurait comprendre le moindrement la réaction sans reconnaître qu'elle est aussi le versant négatif d'une montée en puissance, même minime, de celleux qui luttent pour leurs droits.
Biographie
Claude Vaillancourt est romancier, essayiste, conférencier, musicien, professeur de littérature, militant altermondialiste et cinéphile depuis toujours. Membre du comité de coordination de la revue À bâbord!, il est notamment l’auteur de "Mainmise sur les services" (Écosociété, 2006) et des romans "Les années de bataille" et "L’inconnue" (Québec Amérique).
Diane Lamoureux est professeure de philosophie politique au département de science politique de l’Université Laval. Elle est l’auteure de divers textes portant principalement sur le féminisme, l’antiféminisme et la théorie politique, dont «Pensées rebelles. Autour de Rosa Luxemburg, Hannah Arendt et Françoise Collin» (Remue-ménage).
Jean-Pierre Couture est professeur à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Il est membre de l’Observatoire des nouvelles pratiques symboliques, du comité de rédaction des Cahiers de l’idiotie et du collectif de la revue À bâbord !
Enseignant retraité du collégial, Ronald Cameron a présidé la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec de 2004 à 2009 et œuvre dans les réseaux internationaux de l’éducation aux adultes.
Mais qui donc est Anne Archet, cette incorrigible pornographe qui sévit depuis si longtemps, tapie dans l’ombre, profitant de chaque occasion pour corrompre notre belle jeunesse? Ses lectrices l’ignorent. La NSA est dans le brouillard. Dieu le Père lui-même se perd en conjectures. Seule sa coiffeuse le sait.
Miriam Hatabi a étudié à l'École d'études politiques de l'Université d'Ottawa, où elle s'est interessée aux enjeux linguistiques et identitaires à l'international comme au Canada. Ses études en traduction trilingue et son rôle de mentor en français lui ont permis d'adopter une perspective souple envers l'usage et le rôle de la langue.
Doctorante en service social à l’Université d’Ottawa, Kharoll-Ann Souffrant est née à Montréal en 1992 de parents haïtiens. Ses travaux de recherche portent sur l’intersection entre le genre, la misogynoire, les violences sexuelles et le militantisme féministe.
Du même auteur