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Heros-limite suivi de chant de la carpe et de paralipomenes

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Éditeur : Gallimard Collection : POESIE Date de parution : 20 novembre 2001 Rayon : POESIE Format : Poche EAN13 / ISBN :

9782070410699

Couverture du livre Heros-limite suivi de chant de la carpe et de paralipomenes - LUCA GHERASIM - 9782070410699
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À lire
« Poète méconnu, apatride, Ghérasim Luca a su élaborer tout au long de la seconde moitié du XXe siècle une œuvre poétique majeure et foncièrement singulière, dont l'inventivité formelle sans cesse renouvelée ne l'a jamais éloigné de sa visée la plus radicale: érotiser l'ordre symbolique, injecter l'irreprésentable du désir au cœur du langage. Luca est donc de ceux qui œuvrent en vue de ramener la vie au sein de l'inerte, de sorte à faire de chaque parole une poussée de corps, une affirmation de différence. Cette édition réunit trois recueils qui constituent des moments-phares de ce projet. Ses premiers écrits en français se distinguent par une écriture scandée, bégayée en une fugue amoureuse vers le désir lui-même, toujours plus loin, plus creux ou plus haut. Or, de recueil en recueil, son écriture glisse vers une immobilité déconcertante, et c'est dans le creuset de structures formelles, de plus en plus complexes, que s'agite un fulgurante et souterraine alchimie sémantique. Œuvre inclassable, qui fait affleurer dans la langue son étrangeté la plus extrême et la plus politique. Luca se lit comme une mise à mort du langage crispé et convenu, et comme une interminable lettre d'amour aux possibilités que fait naître une voix.  »

extrait sélectionné

Muer le vil métal
en pot-au-feu d'or mental
étale
un métapeu de métatout:

oeufs de tatou...

mythes dormants...

haute île en air...

Ce qu’en dit l’éditeur
Lire aujourd'hui trois des livres majeurs de Ghérasim Luca, c'est vérifier combien cette poésie-vertige reste dans autre exemple, au point que Gilles Deleuze n'avait pas craint de la présenter comme la plus grande du siècle. Dans ses poèmes, Luca est toujours comme cet autre lui-même, ce Héros-Limite qui bute sur les mots comme on s'abîme de piège en piège. Il broie en fait de la pensée comme d'autres du noir, et c'est de la nuit de son bégaiement qu'il surgit décapé, tranchant, ironique, avec autour de lui des langues de bois coupées à la hache, des discours joliment raccourcis et des façons de dire éventrées sans façon. Car dans cette profération il y a place pour la relaxation, le rire, le foudroiement. Place également pour le désir, l'amour et la passion qui, passionnément, ne ment pas.
Biographie
Ghérasim Luca est né à Bucarest en 1913 dans un milieu juif libéral. Il fut dès ses jeunes années en contact avec plusieurs langues, en particulier le français, langue de la culture littéraire – culture contestée on le sait par un autre roumain Tristan Tzara, de près de vingt ans son aîné. La culture germanique, viennoise et berlinoise, est très présente à Bucarest au début des années trente, qui sont ses années de formation. Luca lit très tôt les philosophes allemands et connaît les débats qui nourrissent la réflexion sur la psychanalyse; son ami Dolfi Trost, de formation psychanalytique, encourage cette découverte. Il collabore à différentes revues « frénétiques » d’orientation surréaliste Alge, Unu, etc. À la fin des années trente, il concentre son intérêt sur la production du surréalisme parisien, auquel ses amis Jacques Hérold et Victor Brauner sont liés. Il correspond avec André Breton, mais, visitant Paris, il renonce à le rencontrer. La guerre l’y surprend, il parvient à regagner la Roumanie et à y survivre. C’est dans la brève période de liberté avant le socialisme que Luca renaît à la littérature et au dessin, suscitant un groupe surréaliste avec quelques amis. Il dispose d’une imprimerie et d’un lieu d’exposition, multiplie les libelles, collectionne les objets d’art et adopte la langue française dans son désir de rompre avec la langue maternelle. En 52 il quitte la Roumanie et s’installe à Paris. Ses poèmes, dessins ou collages (« cubomanies ») sont publiés par la revue Phases. Il élabore des livres-objets auxquels contribuent Jacques Hérold, Max Ernst, Piotr Kowalski. Le Soleil Noir au cours des années 70 relance ce goût pour l’objet quasi magique qu’il cherche alors à réaliser, accompagné d’un disque du texte lu par sa propre voix. Au travail sur la langue, roumaine ou française, avec ses effets de bégaiement décrits par Gilles Deleuze, il faut ajouter la mise en scène de ses écrits et le travail de tout le corps que représentait pour lui la lecture publique de ses écrits, lors de festivals de poésie, dont certains sont restés célèbres, dans les années 1960, à Amsterdam ou à New York. Dans sa solitude et sa recherche d’une pierre philosophale, d’une « clé », Luca troublé par la montée des courants raciste et antisémite s’est suicidé en janvier 1994. © Dictionnaire des lettres françaises, Le XXe siècle, La Pochotèque, Librairie Générale Française, 1998.
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