À lire
*(choix de Sébastien)
« En ces temps de contestation politique à gauche et à l'approche de la Fête nationale, pourquoi ne pas faire un retour en arrière et lire l'un des plus importants essais québécois des années 1970 signé Fernand Dumont. En pleine Révolution tranquille, le sociologue de l'Université Laval livre ses vues sur la vitalité du nationalisme et un possible socialisme québécois. La dernière partie de l'essai est consacrée à la Crise d'Octobre; on y trouve des considérations utiles sur le rapport entre démocratie et violence. Comme toujours chez Dumont, l'humanisme le plus modéré s'exprime dans une langue belle et humble. »
Ce qu'en dit l'éditeur
À la fois essai et ouvrage sociologique, La vigile du Québec est le premier livre que Fernand Dumont a consacré entièrement à la question nationale. Les textes que l’on y retrouve vont de 1959 à 1971 et sont traversés par une intention commune : celle de retracer la genèse des blocages, des hésitations qui parsèment la mémoire collective de la société québécoise. Dumont y esquisse des solutions pour sortir de l’impasse. Il envisage même, à certaines conditions, la mise en œuvre d’un socialisme authentiquement québécois. La forme sociale et politique dans laquelle un peuple peut entrer n’est pas arbitraire, mais largement déterminée par son passé. C’est pourquoi, si le Québec parvient à trouver la sienne, ce ne sera qu’en s’étudiant lui-même. La longue réflexion qui est consacrée à la crise d’Octobre prend ainsi tout son intérêt : il s’agit moins de scruter l’événement comme tel que de bien faire voir comment il symbolise de lointaines incertitudes.
Fernand Dumont (1927-1997) est né dans une famille ouvrière, à Montmorency, une petite ville non loin de Québec. Après des études au Séminaire de Québec, il obtient une maîtrise en sociologie de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, puis un doctorat en sociologie de la Sorbonne et un autre en théologie à nouveau de Laval. Professeur au département de sociologie de l’Université Laval de 1955 à 1994, il laisse une œuvre riche et diversifiée qui comprend de la poésie (La part de l’ombre), mais qui porte principalement sur la théorie de la culture (Le lieu de l’homme), sur la théologie (L’institution de la théologie), sur l’épistémologie (L’anthropologie en l’absence de l’homme) et sur le Québec (Genèse de la société québécoise). Au début des années 1960, il a été cofondateur, avec Jean-Charles Falardeau et Yves Martin, de la revue Recherches sociographiques. En 1979, il devient le premier président de l’Institut québécois de recherche sur la culture dont il assumera la direction jusqu’au début des années 1990.
Biographie
Né à Montmorency en 1927 et mort en 1997, Fernand Dumont a suivi des études classiques au Petit Séminaire de Québec. Après une maîtrise en sciences sociales de l’Université Laval, il fait une thèse sur L’Institution juridique, rédigée tandis qu’il publiait son premier recueil de poèmes, L’Ange du matin (1952). Élève titulaire à l’École des hautes études de Paris en 1953 et 1954, il termine en même temps des études de psychologie à la Sorbonne. En 1960, il présente une thèse de doctorat en sociologie à la même université.
En 1987, il soutiendra une nouvelle thèse de doctorat, en théologie cette fois. Devenu professeur à l’Université Laval depuis 1955, il y est directeur du département de sociologie et d’anthropologie en 1963. En 1965 il devient directeur d’études associé à l’École des hautes études de Paris et en 1967 directeur de l’Institut supérieur des sciences humaines.
Invité à enseigner dans plusieurs universités (Montréal, Ottawa, Sherbrooke et Trois-Rivières), il donne des cours qui portent plus spécifiquement sur la théorie sociologique et l’histoire de la sociologie, ainsi que la sociologie de la connaissance, l’épistémologie et la théologie de la culture.
Fondateur avec Jean-Charles Falardeau et Yves Martin en 1960 de la revue Recherches sociographiques, il préside de 1968 à 1970 la Commission sur les laïcs et l’Église instituée par les évêques du Québec. Il est élu en 1975 président de l’Association internationale des sociologues de langue française. En 1977, avec le ministre Camille Laurin et le sociologue Guy Rocher il collabore à l’élaboration de la Charte de la langue française (loi 101). De 1979 à 1989, tout en continuant son enseignement universitaire, il est président et directeur scientifique de l’Institut québécois de recherche sur la culture.
Pour l’ensemble de son œuvre, Fernand Dumont a reçu de très nombreux prix dont le prix Athanase-David (1975), le prix Léon-Gérin (1990) (Grand Prix du Québec en sciences humaines), le prix Molson du Conseil des Arts du Canada (1992), le prix Esdras-Minville de la Société Saint-Jean-Baptiste (1980), le prix Rousseau, la médaille Parizeau de l’ACFAS (1969), la médaille de l’Université du Québec à Trois-Rivières et le Prix du Fonds FCAR (1997). De plus, il a été boursier de la Société royale du Canada et de la Fondation-Killam. Quatre universités lui ont remis le titre de Docteur honoris causa (la Sorbonne, l’Université de Montréal, l’Université du Québec, l’Université de Sherbrooke) et il a été fait officier de l’Ordre national du Québec en 1992.
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