Ce qu'en dit l'éditeur
Vous imaginez les conséquences terribles que tout ça pouvait avoir sur ma vie ? Un scénario sans surprise et écrit d'avance : la stupeur du cousin, les ragots de sa femme, la rumeur qui se répand au village, la honte sur ma famille, le désarroi de Sophie, jusqu'à un épilogue que je n'osais même pas imaginer. La moitié du village avait beau en faire autant, je serais devenu le pervers idéal, celui qui n'a commis qu'une erreur : faire passer ses fantasmes dans le domaine public. Pour éviter d'en arriver là, j'ai tout essayé. J'ai fait venir un copain bricoleur qui a lamentablement échoué. J'ai supplié un réparateur du bourg qui m'a demandé un délai impossible. De Trois carrés rouges sur fond noir à Saga, Tonino Benacquista démontre un talent exceptionnel dans la relance de l'intrigue, sans doute parce qu'il affectionne les personnages rendus pugnaces par leur quête d'un peu de bonheur, les gagne-petit qui refusent d'abdiquer. Le nouvelliste, révélé en 1993 par La machine à broyer les petites filles, ne le cède en rien au romancier sur ce point : les ennuis pleuvent sur la galerie de paparazzis, journalistes, maris inquiets, dragueurs timides et pauvres types en tout genre dans laquelle on risque de se reconnaître. Bricoleurs d'ego, réparateurs d'âme demandés ! Sur la courte comme sur la longue distance, Tonino Benacquista tient résolument la forme, sourire en coin.
Ce qu'en dit le libraire
Si le Benacquista de la Maldonne des Sleepings et de Trois Carrés Rouges sur fond noir est connu de tout amateur de roman noir qui se respecte, le Benacquista nouvelliste est moins connu.
Il doit cette facette de son talent à Gilles Pellerin, un des meilleurs éditeurs du Québec. Celui-ci lui avait en effet demandé un texte pour un collectif, Saignant ou beurre noir, publié aux éditions l'Instant Même . Depuis, l'écrivain a pris goût au genre. En 1993, coédition avec Rivages du recueil La Machine à broyer les Petites filles, qui connaît un succès certain. Et puis ce recueil, Tout à l'ego, qui reprend des nouvelles publiées entre 1993 et 1998 dans divers livres ou revues. Un seul texte est inédit, Transfert. C'est un des meilleurs.
L'ensemble souffre de ces naissances dispersées. Certains textes décrivent des états d'âme ( Un temps de blues, Q.I) et sont plutôt ennuyants. D'autres racontent une histoire, avec des personnages qui ont une enquête à mener, un but à atteindre. Celles-là sont les meilleures et certaines sont un régal ( La Boîte Noire, Opportune, et surtout, Bobinages). Elles présentent des personnages au passé rempli d'étonnants secrets qui resurgissent aux moments les moins appropriés.
Aucune nouvelle ne délivre de message. « Je ne fabrique pas de sens » dira en entrevue Tonino Benacquista. Bonne idée. D'autres s'en chargent, depuis trop longtemps.
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