Ce qu'en dit l'éditeur
Trente ans après la mort de Roland Barthes (26 mars 1980), un de ses proches amis, Éric Marty, lui rend un hommage fondé sur les textes mêmes de l’écrivain, en particulier La chambre claire et, surtout, le Journal de deuil, un ensemble de notes prises pendant près de deux ans par l’auteur des Fragments d’un discours amoureux, suite à la mort de sa mère en octobre 1977, et publié en février 2009 dans la collection Fiction & Cie.
Rappelant le climat des années 1970, et soulignant l’audace et parfois la solitude de Barthes, ce bref essai issu d’une conférence donnée en février 2010 au Collège de France, part d’une question éminemment moderne : « qu’ai-je le droit, que m’est-il possible d’écrire? » Dans ses derniers livres et écrits, Roland Barthes s’interroge souvent sur le singulier et sur ce qui, de ce singulier, peut se convertir en généralité ou en théorie. C’est le rêve, formulé à voix haute, d’une mathesis singularis, une science du singulier. Avec le Journal de deuil, Barthes plonge au plus profond de l’intime, tout au bord de là où la parole s’éteint. Ce texte, suggère Éric Marty, ne pouvait exister qu’à titre posthume, car il n’y avait personne pour pouvoir l’entendre du vivant de l’auteur. Ce Journal était posthume dans son écriture même. Autant qu’une analyse des derniers écrits de Barthes, cette conférence est une analyse des rapports de la littérature à la mort (en écho, notamment, aux réflexions de Maurice Blanchot). Sa publication constitue un hommage intellectuel et sans pathos à Roland Barthes.
Biographie
Éric Marty est né en 1955 à Paris. Agrégé de lettres, il est professeur à l’Université Paris VII. Auteur aux Éditions du Seuil de Roland Barthes, le métier d’écrire (2006), il est responsable de l’édition des œuvres complètes de Roland Barthes en cinq volumes, ainsi que des cours et séminaires.
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