Ce qu'en dit l'éditeur
«... Alors ! Tu espères qu'un registre, un de ces gros cahiers qu'ils ouvrent à la mairie sous ton nez pour t'impressionner, peut te dire pourquoi un Béluse suivait ainsi un Longoué, ou pourquoi Louise avait obéi au geste, elle qui se considérait déjà une parente de La Roche, ou encore comment il se fait que toutes ces langues africaines sont parties de leur cervelle comme un vol de gros-becs ? Ouvre tes registres, bon, tu épelles les dates ; mais moi tout ce que je sais lire c'est le soleil qui descend en grand vent sur ma tête [...]. Car le passé est en haut bien groupé sur lui-même, et si loin ; mais tu le provoques, il démarre comme un troupeau de taureaux, bientôt il tombe sur ta tête plus vite qu'un cayali touché à l'arbalète...»
Biographie
Toute l’œuvre d’Édouard Glissant a appelé de ses vœux un événement comme celui qui vient de se produire aux États-Unis : Barack Obama est l’incarnation de ce qu’il nomme depuis trente ans la « créolisation » du monde. Son élection est un fait sur lequel on ne peut désormais plus revenir. Qu’est-ce que Barack Obama fera de cette victoire? C’est aujourd’hui impossible à dire.
Dans cette lettre ouverte écrite un an après Quand les murs tombent, Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau s’adressent au 44e président des États-Unis, premier Afro-américain à accéder à la Maison Blanche, et appellent à une réflexion entre poétique et politique sur ce que pourrait être demain l’action d’Obama, président de la première puissance mondiale.
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