Ce qu'en dit l'éditeur
Après la première édition de Qui dira notre nuit en novembre 2001, cet ouvrage est le second livre de François Cheng publié aux éditions Arfuyen. Comme le thème central de Qui dira notre nuit était celui de la traversée de la nuit intérieure, ces nouveaux poèmes sont une méditation sur lamour dans sa réalité toute humaine comme dans sa signification spirituelle. « Un seul regard reprend tous les regards / Un seul mot libère tous les échos / Un seul geste rompt lunique fièvre / Un seul geste rouvre toutes les veines // Nul sang nest perdu nulle chair vaine » Cest sur ce poème que souvre ce nouveau recueil, dont lécriture simple et vigoureuse met en uvre les ressources les plus raffinées de la langue française aussi bien que les nuances les plus spécifiques de la sensibilité chinoise pour donner à un thème central de la tradition poétique occidentale une grandeur nouvelle. Citons encore un des textes les plus récents de ce livre : « LÊtre nest-il pas cette musique / Qui depuis lorigine / cherche à se faite entendre / Qui attend / chaque instant de chaque jour / et chaque jour de toute vie / Que la main sache enfin toucher la lyre. » Chacun reconnaîtra en ces lignes ce timbre de voix humble et puissant, tremblant et imperturbable, qui parcourt luvre entière de cet étrange taoïste, si différent et si proche de nous, en qui bien des lecteurs aujourdhui se reconnaissent.
Collection Cahiers d'Arfuyen n° 140
Biographie
François Cheng.
Né en Chine en 1929, issu d'une famille de lettrés, il entreprend d'abord des études universitaires à Nankin, puis gagne la France. où il s'installe définitivement après 1949. Après des études à la Sorbonne et à l'Ecole pratique des Hautes Etudes, il se lance à son tour dans l'enseignement. Il occupera bientôt une chaire de professeur à l'Institut national des langues et civilisations orientales. Son uvre, déjà traduite dans plusieurs pays, est l'aboutissement d'un double itinéraire intérieur : assumer son passé et la meilleure part de sa culture d'origine, et s'initier à la meilleure part de la culture occidentale à travers l'expérience de l'exil.
Itinéraire tout à la fois douloureux et exaltant, vécu dans une tension de tous les instants - mais tendu justement chaque jour davantage vers l'unité. c'est-à-dire vers l'Ouvert. L'Art étant bien évidemment l'une des voies privilégiées d'accès à cette unité. On doit à François Cheng, lui-même traducteur et poète de nombreuses études sur la poésie et l'art de la Chine : L'Ecriture poétique chinoise (Seuil, 1977) ; Vide et plein : le langage pictural chinois (Seuil, 1979) ; Entre source et nuage (Albin Michel, 1990), ainsi que plusieurs ouvrages illustrés considérés désormais comme des classiques : L'Espace du rêve : mille ans de peinture chinoise (Phébus, 1980) ; Chu Ta : le génie du trait (Phébus, 1986 ; nouvelle édition 1999) ; Shitao : la saveur du monde (Phébus 1998, prix André Malraux ; nouvelle édition 2002) ; D'où jaillit le chant : la Voie des Fleurs et le Chant des Oiseaux dans la tradition des Song (Phébus, 2000) ; Et le souffle devient signe (L'Iconoclaste, 2001).
Venu tard à la fiction ; il a vu son premier roman (Le Dit de Tiayi, Albin Michel, 1998) couronné par le prix Femina ; le même éditeur a publié ensuite L'éternité n'est pas de trop (2002). Il est enfin l'auteur de plusieurs recueils qui l'ont imposé comme l'un des meilleurs poètes de l'époque : Trente-six poèmes d'amour (Unes, 1997) ; Cantos toscans (Unes, 1999) ; Double chant (Encre marine, 1998 - nouvelle édition, 2000 -, prix Roger Caillois) ; Qui dira notre nuit (Arfuyen, 2001) ; Le long d'un amour (Arfuyen, 2003) ; Le Livre du Vide médian (Albin Michel, 2004).
Le 13 juin 2002, François Cheng a été élu à l'Académie française.
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