Ce qu'en dit l'éditeur
Si «aucune idée ne [lui] est plus étrangère que celle d'écrire un poème», comme le déclare d'entrée de jeu l'auteur de ce livre, rien ne lui est plus naturel ni plus nécessaire que de lire des poèmes, mais de les lire vraiment, entièrement. Car lire, en particulier lorsqu'il s'agit de cet objet à la fois énigmatique et lumineux qu'est un poème, chant et pensée indissolublement mêlés, c'est entendre une parole, c'est consentir à quelque chose ou à quelqu'un qui nous éloigne radicalement de nous-mêmes, de nos soucis quotidiens, de nos convictions, de l'idée que nous nous faisons du monde et de notre vie.
Précédées d'une magnifique «Autobiographie d'un non-poète» où l'auteur retrace son expérience d'un demi-siècle comme lecteur de poèmes, les dix études réunies ici portent sur quelques-unes des plus grandes Suvres poétiques de notre époque, venues aussi bien de France (René Char, Robert Marteau, Pierre Jean Jouve) et des États-Unis (Wallace Stevens) que du Québec (Alain Grandbois, Anne Hébert, Rina Lasnier, Gaston Miron, Fernand Ouellette, Robert Melançon). De chacune, Gilles Marcotte propose ce qu'il appelle une lecture rapprochée, c'est-à-dire patiente, attentive au moindre mot, à la moindre inflexion, et toute tournée vers cette signification unique qui, lentement ou par fulgurance, se fait jour à travers un langage pétri de contradictions et de beauté.
Hommage à la poésie, ce livre est aussi un hommage à cette autre chose devenue tout aussi rare peut-être: la lecture.
Du même auteur