Ce qu'en dit l'éditeur
Gharib, un vieux poète, se retrouve à Naples, une ville qui a pour lui une résonance toute particulière. Il fait la connaissance de deux jeunes filles, Sakina et Wahida, d'anciennes petites prostituées de Casa, au Maroc, qui ont fui la misère pour Naples. L'une d'elle l'attendrit par son désarroi, ses espoirs : Wahida, belle, impudique, pleine de vie. Elle est marocaine comme lui, flouée par les hommes, abandonnée à son sort dans cette ville où elle se prostitue pour la mafia albanaise. Gharib veut la sauver de leurs griffes, il lui parle de littérature, l'entraîne à travers la ville, lui récite des poèmes, admire sa beauté, la respecte, la désire et ne cède jamais. Ils semblent tous deux amoureux, mais il veut qu'elle réapprenne l'amour comme sentiment pur, par des mots et des regards, pour la sortir de l'image d'un amour charnel tarifé que la prostitution a installé en elle. Wahida ne comprend pas pourquoi il la repousse, qu'il puisse l'aimer sans la toucher. Elle part en courant et disparaît dans la nuit.
Le poète croit préférer sa solitude, sa poésie à cette présence exigeante. Il a besoin d'imaginer Wahida, de la rêver, de la faire exister, mais à travers le prisme d'un ancien amour défunt. Il est hanté par le souvenir d'une passion de jeunesse foudroyante pour une certaine Gazelle, rencontrée à Naples elle aussi, et dont il ne s'est jamais remis. Et lorsqu'il se lance enfin à la recherche de Wahida dans le dédale des rues de Naples, et espère qu'elle lui reviendra, elle s'est évanouie à jamais. Bientôt, Gharib lui écrira des lettres qui ne seront jamais envoyées, s'adressera à elle en son absence - le spectre des femmes aimées, celui de Gazelle, celui aussi de Nadia (la fille de Kateb Yacine) se mêlant au nouveau fantôme qu'est devenu Wahida.
Biographie
Tahar Ben Jelloun est l'auteur aux Éditions Gallimard de Partir et de Sur ma mère. Avec Au pays, il signe un magnifique portrait où il allie son sens du détail à un intense onirisme.
Du même auteur