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Humanimalites : materiologies

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Éditeur : LEO SCHEER Collection : LITTERATURE Date de parution : 23 juin 2004 Rayon : ESSAIS LITTERAIRES Format : Broché EAN13 / ISBN :

9782915280319

Couverture du livre Humanimalites : materiologies - SURYA MICHEL - 9782915280319
feuilleter
Ce qu'en dit l'éditeur
À partir de Kafka, notamment, Michel Surya pense et développe la figure hybride d’une humanité diminuée, humiliée, mutilée, l’humanimalité. Entre littérature et philosophie se joue ici l’existence d’un corps et d’une pensée « moitié humaine, moitié animale », seule représentation à même de réunir ce que la philosophie s’emploie ordinairement à séparer. Un essai commenté, à la fois monument réflexif et instants littéraires uniques, qui fait le point sur les leurres de l’humanité et du désir. Humanimalités est le troisième volume d’une série intitulée Matériologies, dont les deux premiers étaient L’Imprécation littéraire (Farrago, 1999) et Mots et mondes de Pierre Guyotat (Farrago, 2000). Ce dernier, notamment, entamit cette méditation sur les figures du monde subhumain. Extrait : Un jour, la littérature a formé des figures qui n’avaient pour elles qu’une extrême pauvreté à opposer à tout ce qui s’enorgueillissait de sa force. On l’a su ensuite : ces pauvres figures ont porté la prémonition des formes atroces que cette force allait bientôt revêtir. Cette force (la maîtrise, la puissance, la raison) serait bientôt plus grande que jamais ; c’est pourquoi il fallait que soit plus grande que jamais, elle aussi, la faiblesse de ceux sur qui celle-ci s’exercerait. Une faiblesse si grande que l’homme n’y suffirait pas. Il faudrait à une telle faiblesse moins que l’homme. Dit comme cela, c’est étrange sans doute. Et affreux. Affreux si l’on précise un peu les choses, les affine : moins que l’homme quoique l’homme encore. Ce quoique l’homme encore veut dire, en réalité : quelque chose dans quoi l’homme serait demeuré quoiqu’il n’y serait pas demeuré entier ; quoique ce dans quoi il serait demeuré n’aurait ressemblé à l’homme qu’aussi peu que possible. Plutôt qu’à l’homme lui-même, à l’homme ancien, à quelque chose qui serait lui encore mais infime, humilié, mutilé, indigne et banni. En réalité, à un rebut d’homme. Kafka a appelé « métamorphose » ce moment où l’homme ancien est devenu son propre rebut. Et c’est ce qui a résulté d’une telle métamorphose que Michel Surya appelle ici « humanimalité ». Humanimalité, ou ce mélange humilié et malade dans lequel de l’homme - et peut-être tout l’homme - demeure encore, quoiqu’il n’y demeure plus qu’à l’état de rebut, c’est-à-dire quoique de la bête le défigure. C’est dans Kafka qu’est née cette figure défigurée. Hybride. Moitié homme, moitié bête. Moitié bête, parce qu’il n’y a que les bêtes que l’homme extermine sans conséquence (et dès lors qu’on veut exterminer des hommes, il suffit sans doute d’en faire des bêtes, de les réduire à leur état). Et moitié homme, parce que nul n’a pu faire, pas même ceux qui ont imaginé d’exterminer des hommes comme des bêtes, que ce qui avait dû revêtir les traits des bêtes ne continuent pas de penser en hommes ; ne pensent l’homme qu’avec plus de profondeur. C’est de la littérature et de la philosophie judéo-allemandes et judéo-polonaises que ce livre tire ses méditations essentielles. De Franz Kafka bien sûr, le tout premier à en avoir eu la prémonition sombre (La Métamorphose, justement, parmi tant d’autres). De Bruno Schulz aussi, écrivain admirable. Ils occupent une place centrale dans ce livre. De beaucoup d’autres encore : Hermann Ungar, Max Blecher, Isroël Rabon, Hugo von Hoffmansthal, Hermann Hesse, etc. Des philosophes hantent aussi ces pages qui cherchent à représenter comme une boucherie ce qu’on n’a qu’idéalistement représenté comme un holocauste : Benjamin, Scholem, etc.
Biographie
Michel Surya a récemment publié : L'impasse, Al Dante, 2010 et Excepté le possible, Fissile, 2010.Il a créé et dirige la revue Lignes. Le Polième (Bernard Noël) est le quatrième volume de la série " Matériologies ".
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