Ce qu'en dit l'éditeur
Kiev, fin 1918: c'est le début de la guerre civile en Ukraine.
Boulgakov nous fait vivre cet événement à travers l'histoire
d'une famille de Russes blancs, les Tourbine. Ils sont trois:
Alexis, l'aîné; Helena, la soeur; et Nikolka, le plus jeune. Ils
représentent cette intelligentsia qui reste fidèle à la monarchie,
garde la nostalgie de la Russie traditionnelle, et craint
l'effondrement de ses valeurs. Abandonnés par l'armée
allemande et les Alliés qui refluent vers l'ouest, ils vont voir
arriver les bandes antisémites de Petlioura avant que l'Armée
rouge ne reprenne la ville. Plongés dans la tourmente, les
Tourbine vont ainsi devoir quitter leur belle maison familiale
de la rue Alekseev, son beau piano, son poêle en faïence et les
lilas du jardin auxquels ils sont tant attachés. Ils finiront par
accepter la "dictature" des bolcheviks. Ecrit en 1923-1924, ce
premier grand roman de l'auteur du Maître et Marguerite était,
a-t-on dit, le livre préféré de Staline car il montrait, mieux que
tout autre, le chamboulement apporté par le communisme à la
Russie ! D'une certaine façon, ce livre où Boulgakov a mis
toute sa nostalgie aurait, non sans paradoxe, sauvé la vie de
son auteur.
Biographie
C'est à Kiev que Mikhaïl Boulgakov est né (1831) et a grandi.
Il entre à la faculté de médecine en 1909 et se marie. Abandonnant la médecine en 1920, il se consacre à la littérature. Il rejoint alors Moscou, publie de nombreux articles et travaille pour la scène. Auteur de comédies, de romans et de nombreuses nouvelles, ennemi de la bureaucratie et des compromis, cet écrivain passionné de théâtre, incompris et écrasé par le pouvoir soviétique (domicile perquisitionné, manuscrits confisqués, pièces tantôt jouées tantôt interdites par la censure), dut se contenter d'emplois subalternes.
Ayant conservé jusqu'à la fin sa dignité et sa liberté de créateur, Mikhaïl Boulgakov est mort en 1940 à Moscou.
Du même auteur