Ce qu'en dit l'éditeur
C'est en effet d'une prison que Tasilma Nasreen lance ces émouvants textes-messages à ses amis. D'une prison rebaptisée sofe house, où le gouvernement indien l'a tenue enfermée depuis novembre 2007 sous prétexte d'assurer sa protection.
D'abord assignée à résidence début septembre dans sa maison de Calcutta, l'écrivain découvre l'inquiétude du gouvernement local, soumis à la pression des partis politiques soucieux de s'assurer le vote islamiste. A partir du 23 novembre, ce sera l'« éloignement » dans un endroit inconnu près de Delhi. Mesure qui se transforme vite en un internement pur et simple, destiné à obliger la prisonnière à quitter l'Inde de son propre gré. Ce qu'elle refuse absolument. Cloîtrée dans sa cellule, avec pour seuls compagnons un ordinateur et un téléphone capricieux, elle résiste jusqu'au moment où, privée des soins appropriés, sa santé chancelle. Fin mars 2008, Taslima Nasreen a repris le chemin de l'exil.
Ces pages, tissées d'angoisse et de solitude, sont aussi un long cri d'étonnement : pourquoi cette grande démocratie laïque qu'est l'Inde, où elle avait cru trouver enfin refuge et justice, lui a-t-elle infligé cette ultime punition ? De quel péché Taslima s'est-elle rendue coupable ? Celui d'avoir dit la vérité ?
Biographie
Née en 1962 dans l'actuel Bangladesh, Taslima Nasreen, médecin de formation, entame très vite une carrière littéraire et connait la notoriété grâce à ses poèmes, ses essais et ses éditoriaux engagés.
En 1994, après la publication d'un article où elle critique le Coran, elle fait l'objet d'une « fatwa » émise par des mollahs extrémistes. Commence alors un long exil, qui la conduira de l'Inde à la Suède.
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