Ce qu'en dit l'éditeur
Dès le début de la pièce, le lecteur prend conscience du vague danger que courent les deux personnages masculins et devine que leur sort dépend dune femme.Et lorsque Diana paraît à leur poursuite, la situation se tend de plus en plus. Émule de la déesse dont elle porte le nom, mais aussi en parfait accord avec les lois de lhonneur du XVIIe siècle espagnol, la farouche comtesse de Belflor se montre scandalisée à la seule idée de voir un homme entrer de nuit dans ses appartements et déploie toute lautorité que lui donne son rang pour tenir en haleine sa maisonnée tant quelle naura pas su le fin mot de cette intrusion masculine.La trajectoire des rapports entre les personnages suivra celle des états dâme contradictoires de la comtesse puisque cest sur sa versatilité, comparable au comportement du « chien du jardinier, qui ne mange pas les choux et ne les laisse pas manger », que repose presque toute laction. La différence de niveau social, qui interdit le mariage des personnages principaux ou secondaires, est lun des fondements de lintrigue de nombre de pièces de Lope de Vega et de ses contemporains.Une filiation, ignorée tout au long de laction, se dévoile souvent lors du dénouement et permet enfin lunion espérée, stratagème qui respecte les rigides conventions sociales de lépoque et ne perturbe nullement lordre établi, chacun(e) épousant son égal(e). Cest ce qui arrive dans Le Chien du jardinier, pièce magistralement orientée vers la production exclusive dun immédiat, intense et durable plaisir théâtral, procuré par un dramaturge qui a su mettre en oeuvre le lent et inexorable crescendo des tensions, le jeu alternatif des espoirs et des craintes, la virtuosité dune conduite psychologique au service constant de lintrigue, et lhabileté dun mécanisme final débouchant sur un dénouement qui
comble enfin des attentes longtemps contrariées.Lope de Vega détache son oeuvre des contingences de la vie réelle et proclame le triomphe du théâtre en tant quillusion, fantaisie et rêve. Sa manière de construire le dénouement paraît être lun des principaux facteurs, de lintemporalité, de la modernité, qui caractérisent Le Chien du jardinier.
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