Ce qu'en dit l'éditeur
Dans les bastringues de La Nouvelle-Orléans retentit une musique jamais entendue.Ni celle du Blanc ni celle de l'Afrique, mais celle du Noir déporté en terre américaine. Y résonnent les échos des lames des charrues creusant la terre, des haches dans les forêts, des maillets contre les rochers, des balais dans la poussière, des ustensiles de cuisine : on l'appelle le blues. Nehemiah en est un des premiers virtuoses. Cet esclave a le droit de jouer sur le piano de ses maîtres quand ces derniers exhibent « leur nègre musicien ».Après la défaite de larmée confédéré, affranchi et lâché comme tous ses semblables sur les routes du Sud dévasté, il n'a de cesse de trouver un instrument bien à lui. Mais si sa soudaine liberté n'a pas encore fait du Noir d'Amérique l'égal des Blancs, le génie de la musique y suffira-t-il ? Si le blues vrille le cur, nest-ce pas parce qu'il dit exactement le contraire ?
Biographie
Spécialiste incontesté du jazz (chez Fayard on lui doit, entre autres, les portraits romanesques de Louis Armstrong, Charlie Parker, Chet Baker, ou Billie Holiday), Alain Gerber fait plus que remonter aux origines de la musique noire américaine : celles-ci sont intimement liées à la condition des anciens esclaves, et c'est donc toute l'époque de l'abolition qui vibre dans ce roman, comme elle vibrait dans la blue note d'alors.
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