Ce qu'en dit l'éditeur
"Avais-je jamais su lui dire, ce que je lui écrivis aussitôt, toute l'affection, l'admiration, la vénération, que, malgré tant d'absence et de silence, je n'avais cessé de lui vouer ? De mes aînés, je n'aimais, ne connaissais que lui. J'étais entré avant-hier chez Galignani, possédé par le désir d'acheter le nouveau livre de Conrad ; que je lis avec l'admiration la plus vive."
André Gide
"- Eh bien, qu'y a-t-il ?
Et le capitaine Whalley, se détournant à demi, murmura d'une voix sourde et nerveuse :
- De l'estime !
- Et bien autre chose encore, prononça lentement Mr. Van Wyk, le regard fixe.
- Taisez-vous ! je vous en prie ! - Le capitaine Whalley ne changeait pas d'attitude, n'élevait pas la voix. - Ne dites plus rien ! Je ne puis rien vous donner en échange. Désormais, je suis même trop pauvre pour cela. Votre estime est un don de prix. Ce n'est pas vous qui vous abaisseriez à tromper le plus sale type du monde, ou à rendre un navire dangereux chaque fois qu'il prend la mer.
Mr. Van Wyk, penché en avant, le visage couvert de rougeurs, avec sa serviette amidonnée sur les genoux, doutait de ce qu'il voyait, de son pouvoir de compréhension, de la santé mentale de son invité.
- Où ? Pourquoi ? Pour l'amour de Dieu ? Qu'est-ce que vous racontez ? Quel navire ? Je ne comprends pas qui ...
- Eh ! moi, par Dieu ! Un navire est dangereux lorsque son capitaine n'y voit pas."
Roman de Joseph Conrad. Traduit de langlais par Odette Lamolle. Postface de Sylvère Monod.
Biographie
Joseph Conrad (1857-1924) est l'une des plus grandes figures de la littérature anglaise moderne.
A cause des dollars, court drame parfaitement construit, vient clore avec Le Planteur de Malata et Les Idiots la parution chez Autrement de la presque totalité de son oeuvre.
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