SAPIENZA GOLIARDA
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L'ART DE LA JOIE SAPIENZA GOLIARDA Éditeur : VIVIANE HAMY(87858) Date de parution : 15/10/2005 Rayon : LITTERATURE ITALIENNE Format : BROCHE Disponibilité : Sur commande - expédition d'ici 10 jours EAN13 / ISBN : 9782878582154 $ Can : 44.95 $ US : 44.15 Euros : 28.12
0.0/5 Étoiles
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Ce qu'en dit l'éditeur
n météore éblouissant, le livre dune vie qui commence ainsi : « Et voyez, me voici à quatre, cinq ans traînant un bout de bois immense dans un terrain boueux. Il ny a pas darbres ni de maisons autour, il ny a que la sueur due à leffort de traîner ce corps dur et la brûlure aiguë des paumes blessées par le bois. Je menfonce dans la boue jusquaux chevilles mais je dois tirer, je ne sais pas pourquoi, mais je dois le faire. Laissons ce premier souvenir tel quil est : ça ne me convient pas de faire des suppositions ou dinventer. Je veux vous dire ce qui a été sans rien altérer. Donc, je traînais ce bout de bois ; et après lavoir caché ou abandonné, jentrai dans le grand trou du mur, que ne fermait quun voile noir couvert de mouches. Je me trouve à présent dans lobscurité de la chambre où lon dormait, où lon mangeait pain et olives, pain et oignon. On ne cuisinait que le dimanche. Ma mère, les yeux dilatés par le silence, coud dans un coin. Elle ne parle jamais, ma mère. Ou elle hurle, ou elle se tait. Ses cheveux de lourd voile noir sont couverts de mouches. Ma sur assise par terre la fixe de deux fentes sombres ensevelies dans la graisse. Toute la vie, du moins ce que dura leur vie, elle la suivit toujours en la fixant de cette façon. Et si ma mère chose rare sortait, il fallait lenfermer dans les cabinets, parce quelle refusait de se détacher delle. Et dans ces cabinets elle hurlait, elle sarrachait les cheveux, elle se tapait la tête contre les murs jusquà ce quelle, ma mère, revienne, la prenne dans ses bras et la caresse sans rien dire. Pendant des années je lavais entendue hurler ainsi sans y faire attention, jusquau jour où, fatiguée de traîner ce bois, métant jetée par terre, je ressentis à lentendre crier comme une douceur dans tout le corps. Douceur qui bientôt se transforma en frissons de plaisir, si bien que peu à peu, tous les jours je commençai à espérer que ma mère sorte pour pouvoir écouter, loreille à la porte des cabinets, et jouir de ces hurlements. Quand ça arrivait, je fermais les yeux et jimaginais quelle se déchirait la chair, quelle se blessait. Et ce fut ainsi quen suivant mes mains poussées par les hurlements je découvris, en me touchant là doù sort le pipi, que lon éprouvait ainsi une jouissance plus grande quen mangeant le pain frais, les fruits. Ma mère disait que ma sur Tina, La croix que Dieu nous a justement envoyée à cause de la méchanceté de ton père, avait vingt ans ; mais elle était grande comme moi, et si grosse quon aurait dit, si on avait pu lui enlever la tête, la malle toujours fermée de mon grand-père : Un damné, plus encore que son fils , qui avait été marin. Quel métier cétait que celui de marin, je narrivais pas à le comprendre. Tuzzu disait que cétaient des gens qui vivaient sur les bateaux et allaient sur la mer mais quest-ce que cétait que la mer ? » L'Art de la joie résiste à toute présentation. Roman d'apprentissage, il foisonne d'une multitude de vies. Roman des sens et de la sensualité, il ressuscite les élans politiques qui ont crevé le XXe siècle. Ancré dans une Sicile à la fois sombre et solaire, il se tend vers l'horizon des mers et des grandes villes européennes...
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